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Covid-19 : la réponse immunitaire serait-elle plus forte du côté des femmes ?

Crédits : iStock

Selon une étude récente, les hommes et les femmes développent différents types de réponses immunitaires au coronavirus. Or celle des femmes pourrait être plus forte que celle des hommes. Cela pourrait expliquer pourquoi ces derniers sont davantage touchés par des formes graves de la maladie.

Une réponse immunitaire différente

Selon le Pr Akiko Iwasaki de l’Université de Yale (États-Unis), les femmes et les hommes réagiraient différemment au coronavirus SARS-CoV-2. Les résultats publiés dans la revue Nature le 26 août 2020 évoquent différents types de réponses immunitaires suivant le genre. Il est question d’une éventuelle susceptibilité accrue des hommes à cette maladie et donc, d’une exposition plus forte à des formes graves.

Les travaux font état d’une action plus intense des lymphocytes T chez les femmes. Rappelons que ces lymphocytes T représentent une catégorie de leucocytes jouant un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire. Les femmes examinées lors de l’étude pouvaient développer une réponse plus forte de ces lymphocytes, et ce, même en étant plus âgées. En revanche, les hommes au même stade précoce de l’infection produisent de manière globale davantage de cytokines que les femmes. Des recherches antérieures ont montré qu’une production excessive de ces cytokines est synonyme d’un emballement du système immunitaire. Or, ces « orages de cytokines » sont liés aux formes graves de la maladie.

Pour le Pr Akiko Iwasaki, les hommes ont donc une moins bonne réponse des lymphocytes T et ceci représente un facteur aggravant de la maladie. Par ailleurs, plus les hommes sont âgés, plus la réponse est faible. Du côté des femmes, celles ayant un haut niveau de cytokine étaient les mêmes dont l’infection s’aggravait par la suite. Les résultats de l’étude pourraient permettre de différencier les traitements selon le genre. En ce qui concerne les hommes, il pourrait s’agir d’améliorer la réponse des lymphocytes T à l’aide des vaccins à venir. Pour les femmes, le mieux serait de bloquer la réponse des cytokines.

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Crédits : BlenderTimer/pixabay

Plutôt du cas par cas

Cette étude a néanmoins ses limites. Tout d’abord, celle-ci a été menée sur un faible nombre de volontaires, à savoir 17 hommes et 22 femmes. Ces personnes ne devaient pas avoir fait l’objet d’un placement en réanimation ou avoir reçu un traitement ayant un effet sur le système immunitaire. Citons également la présence de 59 autres individus ne répondant pas à ces critères afin de bénéficier d’un échantillon plus conséquent.

Par ailleurs, l’âge moyen des volontaires est de 60 ans. Or, dans une publication du Science Media Centre, l’immunologue Eleanor Riley de l’Université d’Édimbourg (Royaume-Uni) explique que certaines différences ont pu être observées non pas en raison du genre, mais plutôt en fonction de l’âge ou encore de l’Indice de masse corporelle (IMC).

L’intéressée a également indiqué que malgré quelques différences, beaucoup d’hommes et de femmes ont des réponses immunitaires similaires. L’immunologue estime qu’à l’avenir, il devrait y avoir une adaptation des traitements, mais qu’il s’agirait de cas par cas plutôt que d’une différenciation au niveau du genre.