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Covid-19 : la réouverture des écoles le 11 mai, « un manque absolu de logique » pour le président de l’Ordre des médecins

Crédits : Pixnio

Dans sa récente allocution, le président Emmanuel Macron a indiqué que les établissements scolaires ré-ouvriront leurs portes dès le 11 mai 2020. Patrick Bouet, président du Conseil de l’Ordre national des médecins, estime qu’aucune donnée médicale ne justifie une telle décision.

Aucune justification médicale

Faut-il réellement rouvrir les écoles dès le 11 mai, date de la fin annoncée du confinement ? Le président de la République l’a d’ores et déjà annoncé le 13 avril lors de son allocution télévisée. Pour le chef d’État, il s’agit de limiter l’impact du confinement sur les disparités de niveau scolaire. Autrement dit, il est question de ne pas laisser la situation générer de trop importantes inégalités chez les élèves.

Si la justification du président semble acceptable, le fait de déconfiner le milieu scolaire en premier ne serait absolument pas justifié d’un point de vue médical. Cet avis est celui de Patrick Bouet, président du Conseil de l’Ordre national des médecins, interrogé dans un article du Figaro publié le 15 avril 2020.

Un manque de logique

Rappelons que les écoles, collèges, lycées et autres universités avaient été les premières structures à fermer leurs portes avant même l’application du confinement. Ceci avait été le cas pour deux raisons. La première : les enfants sont connus pour incarner de potentiels vecteurs sans être eux-mêmes malades (asymptomatiques). La seconde : en milieu scolaire, faire respecter les gestes barrières (distances, hygiène etc.) est très compliqué.

Ainsi, Patrick Bouet estime que rouvrir les écoles le 11 est « un manque absolu de logique ». Ceci signifierait remettre le virus en circulation, une initiative évidemment dangereuse. Pour l’expert, il serait préférable de se concentrer sur la préparation de la rentrée de septembre et s’assurer d’un retour dans les meilleures conditions possibles.

salle de classe
Crédits : Adityamanutd / Wikipédia

Une étude pour évaluer le danger

Il faut avoir que les très jeunes représentent une très faible part des personnes hospitalisées. Selon les chiffres de Santé publique France arrêtés au 7 avril 2020, 110 jeunes de moins de 15 ans faisaient partie des 29 721 patients pris en charge à l’hôpital. Ils étaient également 32 en réanimation (sur 7 059 patients). Autrement dit, les cas graves et les décès sont très rares chez les très jeunes. Par ailleurs, les enfants présentent deux fois moins de tests positifs que les adultes. Et lorsque ceux-ci présentent des symptômes, la gravité est généralement moins importante que chez les adultes.

Si la question des enfants asymptomatiques reste très préoccupante, diverses recherches font état d’une potentielle dynamique de transmission différente chez eux. Une étude lancée le 14 avril devrait pouvoir permettre d’y voir plus clair. Baptisée Coville, celle-ci concerne 600 enfants ayant consulté en pédiatrie dans la région île-de-France. Un premier groupe sera composé d’individus présentant des signes cliniques compatibles avec une infection au Covid-19 et un second, d’enfants ne présentant aucun des symptômes. Il s’agit de détecter les enfants positifs à partir de tests PCR et sérologiques. Enfin, il faudra attendre encore un ou deux mois avant de connaître ces résultats qui pourraient permettre d’en savoir davantage sur le risque lié à la réouverture des écoles.