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Covid-19 : la psychopathie et le narcissisme en lien avec la défiance face aux mesures de prévention

Crédits : PxFuel

Les gestes barrières ne sont pas appliquées par tout le monde, ou avec la même rigueur. Selon une étude, certains traits de personnalité tels que la psychopathie et le narcissisme jouent un rôle dans la manière d’appréhender ces gestes.

Une prédisposition au rejet des gestes barrières ?

Il y a peu, nous évoquions les raisons expliquant pourquoi les hommes portent moins le masque que les femmes. Il existerait en effet des différences d’appréhension du risque selon le genre. Par ailleurs, les hommes sont en moyenne moins altruistes et plus égoïstes. Citons également le fait que certains pensent que le port du masque n’est pas “fun”, qu’il s’agit là d’un signe de faiblesse ou encore d’un acte honteux.

Et si, au-delà du genre, certains traits de personnalité influaient la manière d’appliquer les gestes barrières ? Il s’agit d’une question posée dans une étude à paraître prochainement dans la revue Personality and Individual Differences. Il y est question de la Triade noire, un terme désignant le narcissisme, la psychopathie mais également le machiavélisme.

Pour la principale meneuse de l’étude, Magdalena Zemojtel-Piotrowska, ces trois traits de personnalité sont généralement en lien avec un faible degré d’empathie. Dans le cadre actuel, cela se traduit par un déni des mesures de protection face au coronavirus. Au passage, il existerait également un lien avec le fait de se ruer dans les magasins afin de constituer des stocks en prévision d’une apocalypse.

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Crédits : PxHere

Une étude à nuancer

Conduite au début de la pandémie, l’étude concerne 755 personnes vivant en Pologne. Les résultats montrent que les personnes ayant des scores élevés sur la Triade noire semblent prêter plus attention aux aspects négatifs de la prévention qu’à ses bénéfices. Or, rappelons que ces personnes sont plus impulsives et considèrent davantage leurs intérêts personnels. Celles-ci ont également une certaine tendance à la prise de risque.

Toutefois, l’échantillon réduit de personnes ayant participé à l’étude ainsi qu’un faible taux de corrélation doivent permettre de nuancer ces recherches. Magdalena Zemojtel-Piotrowska estime en effet que les personnalités dites “noires” ne sont pas aussi problématiques que l’on pourrait le penser face à la pandémie.

Selon la scientifique, les croyances – entre autres alimentées par les fake news – jouent un rôle tout aussi important que la personnalité. Autrement dit, il existe une possibilité d’améliorer l’appréhension des mesures de prévention. Il s’agit de jouer sur les croyances, alors que changer une personnalité s’avère bien plus difficile. Selon l’étude, il faudrait encourager ces personnes en leur démontrant de manière très claire les effets positifs de la prévention.