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Covid-19 : la piste de l’accident de laboratoire toujours d’actualité pour expliquer l’origine du virus

Crédits : Belova59 / Pixabay

La provenance du coronavirus SARS-CoV-2 est une des questions les plus importantes pour les membres de la communauté scientifique travaillant sur le sujet. Or, la piste de l’accident de laboratoire fait actuellement toujours partie des hypothèses pour expliquer son origine.

Un hôte intermédiaire encore inconnu

La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 frappe actuellement l’Europe et la course au vaccin s’accélère. Néanmoins, le mystère de l’origine du coronavirus SARS-CoV-2 n’est toujours pas levé. Un article publié par le CNRS Journal le 27 octobre 2020 donne la parole à Étienne Decroly, virologue et directeur de recherche au CNRS. L’intéressé a évoqué les différentes hypothèses existantes.

Rappelons que le SARS-CoV-2 est – sur ces vingt dernières années – le troisième coronavirus responsable d’un syndrome respiratoire sévère touchant l’humain. Citons le SARS-CoV (2003) et le MERS-CoV (2012). Circulant principalement chez les chauves-souris, le coronavirus fait parfois l’objet d’un transfert zoonotique. Aujourd’hui, le SARS-CoV-2 se diffuse abondamment chez les humains et il incombe de faire la lumière sur la ou les raisons faisant qu’il soit devenu une zoonose.

Actuellement, la communauté scientifique estime que le SARS-CoV-2 vient des chauves-souris. En revanche, Étienne Decroly rappelle que la Science n’a démontré aucune transmission directe de la chauve-souris à l’Homme. Il devrait donc s’agir d’une transmission via un hôte intermédiaire. Au début de la pandémie, certains chercheurs pensaient au pangolin avant d’abandonner cette piste.

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Crédits : Jinping Chen

S’interroger sur les risques liés aux laboratoires

Étant donné que cet hôte intermédiaire reste un mystère, l’hypothèse de l’accident de laboratoire est toujours d’actualité. Cela va de même concernant la possibilité que le coronavirus soit d’origine synthétique. Étienne Decroly rappelle d’ailleurs que le SARS-CoV de 2003 était sorti de laboratoires d’expérimentations au moins quatre fois. L’intéressé appelle à une réflexion critique sur les outils et les méthodes de reconstruction de virus actuellement à l’œuvre dans les laboratoires de recherche.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, la plupart des laboratoires sont capables de synthétiser une séquence génétique et ainsi produire un virus en quelques semaines seulement. Évidemment, des normes internationales encadrent les travaux des laboratoires en ce qui concerne les virus à potentiel pandémique. Néanmoins, des accidents peuvent se produire et s’interroger sur le danger des expérimentations serait judicieux.

En avril 2020, nous évoquions une enquête menée par les États-Unis sur le laboratoire P4 de l’Institut de virologie de Wuhan (Chine). Cette enquête faisait suite aux soupçons d’une éventuelle échappée du virus. Le patient zéro aurait pu être un employé de l’institut ayant diffusé sans le savoir l’agent pathogène dans cette ville chinoise.