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Covid-19 : inquiétude autour de la rapide propagation d’une nouvelle souche du virus en Europe

Crédits : NIAID

Des chercheurs espagnols et suisses disent avoir découvert une nouvelle souche du coronavirus SARS-CoV-2. Celle-ci se serait développée en Espagne et diffusée dans toute l’Europe en raison des grandes vacances d’été. Or, cette souche serait au cœur de la propagation la plus rapide sur notre continent depuis l’apparition de l’épidémie.

Propagation éclair pour cette nouvelle souche

L’Europe fait face à une deuxième vague de Covid-19 plus sévère que la première et de nombreux pays prennent des mesures. La France a débuté son second confinement le 30 octobre 2020, et ce au moins jusqu’au 1er décembre 2020. Néanmoins, de nombreuses questions épidémiologiques restent en suspens concernant cette deuxième vague. Or, une de ces interrogations concerne la surprenante vitesse de propagation du virus depuis la fin de l’été.

Dans une publication sur la plateforme MedRxiv le 28 octobre 2020, des chercheurs espagnols et suisses évoquent une nouvelle variante (ou souche) du coronavirus SARS-CoV-2. Selon les meneurs de l’étude, cette variante nommée 20A.EU1 a été détectée au nord de l’Espagne au moins de juin chez des ouvriers agricoles. Depuis, la variante a atteint des pays comme la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suisse, les Pays-Bas, la Lettonie ainsi que la Norvège.

Dans plusieurs pays, les patients Covid-19 présentent cette souche 20A.EU1 en majorité. D’autres pays sont légèrement moins concernés. Citons l’Espagne et le Royaume-Uni, où 80 % des personnes infectées l’ont été par la nouvelle variante. Évoquons également 60 % des patients en Irlande et 40 % des patients en France et en Suisse.

masque coronavirus covid-19
Crédits : Matthew de Lange / iStock

Des recherches à poursuivre

Dans l’attente d’une vérification par des pairs, l’étude explique qu’il est difficile de savoir quelle est la nature de cette propagation. S’agit t-il d’un avantage de transmission du virus ? D’une incidence élevée en Espagne suivie d’une diffusion par les touristes ? Co-auteure de l’étude et spécialiste de l’évolution génétique des virus à l’Université de Bâle (Suisse), Emma Hodcroft pense que cette deuxième vague aurait pu être évitée. L’intéressée évoque un défaut de respect des gestes barrières et autres mesures de prévention de la part des populations. Toutefois, elle estime qu’il n’existe pour l’heure aucune preuve que la propagation de cette variante provienne d’une mutation synonyme de transmission plus élevée ou d’influence des résultats cliniques.

Pour les meneurs de l’étude, il s’agit désormais de se concentrer sur la dangerosité de cette souche 20A.EU1. L’objectif est de comprendre si celle-ci est plus contagieuse et plus sévère que les autres souches connues. En attendant, Emma Hodcroft dit n’avoir jamais étudié une variante avec ce type de dynamique depuis le début des recherches sur les séquences génomiques du coronavirus en Europe.