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Covid-19 : ils proposent d’injecter des « nanoéponges » chez les malades pour stopper les infections !

Crédits : NIAID

Des chercheurs étasuniens avancent une méthode étonnante dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Plutôt que de viser la destruction du virus, il est question de leurrer ce dernier afin de le détourner des cellules humaines. Les scientifiques suggèrent donc l’injection de nanoéponges chez les patients Covid-19, un traitement qui serait rapide et efficace également pour d’autres maladies.

Tromper plutôt que détruire

Une approche révolutionnaire, voici comment on pourrait qualifier le travail de l’ingénieur en nanotechnologies Liangfang Zhang. L’intéressé et son équipe de l’Université de San Diego (États-Unis) ont publié une étude dans la revue Nano Letters le 17 juin 2020. Il y est question de leurrer le coronavirus SARS-CoV-2 à l’aide de « nanoéponges » faisant office de fausses cibles. L’objectif ? Détourner le virus des cellules humaines.

Selon Liangfang Zhang, lorsque le virus se lie aux nanoéponges, ce dernier perd de sa dangerosité. Ensuite, les cellules immunitaires se chargent de l’éliminer avant sa digestion. Ces nanoéponges sont dotées d’un cœur en polymère enveloppé d’une membrane épithéliale extraite de cellules pulmonaires ou de cellules macrophages. Ces mêmes nanoéponges présentent donc également des récepteurs protéiques sur lesquels le virus peut se fixer.

schéma covid 19 nanoéponge
Crédits : Université de San Diego / Nano Letters

Des résultats plus qu’encourageants

Des tests réalisés en collaboration avec l’Université de Boston (États)Unis) sont sources d’espoir. À raison de 5 mg par litre, les nanoéponges ont inhibé l’activité du coronavirus à hauteur de 93 % dans le cas d’un cœur enveloppé dans une membrane de cellule pulmonaire. Il s’agissait ici de limiter l’infection pulmonaire. Par ailleurs, les chercheurs ont obtenu un taux d’inhibition de 88 % concernant les nanoéponges dont le cœur était enveloppé dans une membrane de cellule macrophage. Ici, il était question de cibler les cas d’orage cytokinique engendrant une réponse immunitaire qui dégénère en réaction inflammatoire violente. Or, dans les deux cas, le virus perd grandement de sa capacité à se lier et à infecter les cellules humaines.

Si cette méthode n’est est qu’au stade expérimental, les chercheurs ont déjà mûrement réfléchi aux moyens d’administrer le traitement. Il pourrait s’agir d’une injection directement dans les poumons (infection pulmonaire) ou en intraveineuse (orage cytokinique). Durant les prochains mois, les scientifiques réaliseront des tests sur des animaux. Le but sera d’apporter davantage de réponses quant à l’efficacité du traitement.

Les meneurs de l’étude évoquent également la possibilité que le traitement en question soit capable de soigner d’autres maladies virales ou bactériennes. Les chercheurs expliquent que les nanoéponges pourraient fonctionner de manière plus globale alors que les autres médicaments ou anticorps (vaccins) bloquent de manière spécifique l’infection ou la réplication d’un virus.