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Covid-19 : donner des noms de constellations aux nouveaux variants ne plaît pas aux astronomes

Crédits : NIH Image Gallery / Flickr

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) réfléchit actuellement à la nomenclature des variants du coronavirus SARS-CoV-2. En effet, si les variants épuisent toutes les lettres de l’alphabet grec, il faudra trouver une autre solution. Il est notamment question de choisir des noms de constellations. En plus d’être une idée assez étrange, les spécialistes des étoiles seraient contre.

Un changement de nomenclature à l’étude

En début d’année 2021, la question de savoir comment nommer les variants de l’actuel coronavirus avait fait son apparition. À l’époque, les premiers variants prenaient le nom de leur région d’origine : “anglais”, “brésilien”, “indien” ou encore “sud-africain”. Néanmoins, ces appellations étaient à la fois stigmatisantes et assez dénuées de sens. Le 1er juin 2021, l’OMS décide de proposer une nouvelle nomenclature se basant sur l’alphabet grec. Ainsi, nous commencions à entendre parler de variants “alpha” ou variant “delta”, des mots toujours plus confortables que les appellations scientifiques souvent difficiles à prononcer.

Seulement voilà, si la nouvelle nomenclature est sans conteste quelque chose de positif, le coronavirus SARS-CoV-2 connaît un certain nombre de mutations. Certaines sont inquiétantes et d’autres non. L’entrée d’un variant dans la nomenclature se fait en cas de préoccupation pour la santé publique. Le dernier variant en date n’est autre que Mu – la 12ᵉ lettre de l’alphabet grec. Mais que se passerait-il si nous devions faire face à un manque de lettres grecques ?

variant covid-19 delta
Crédits : Diy13/ iStock

Dieux grecs ou constellations ?

La réponse à cette problématique se trouve dans un article publié par The Telegraph le 7 août 2021, relatant une interview de l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove chargée de la surveillance de la Covid-19 pour l’OMS. L’intéressée a expliqué qu’aujourd’hui, l’organisation réfléchissait cette question qui n’a rien d’anodin. Un changement de nomenclature pourrait en effet intervenir, mais il faudrait d’abord que les 24 lettres grecques soient déjà prises par des variants préoccupants. Ceci peut paraître beaucoup, mais rien n’est impossible.

Maria Van Kerkhove a indiqué que l’idée de nommer les prochains variants avec des noms de dieux et déesses grecques avait été évoquée. Néanmoins, celle-ci a été rapidement qualifiée d’étrange. Depuis, une autre idée a fait son chemin : les noms de constellations. Ceci permettrait d’éviter de stigmatiser un groupe de personnes ou un lieu. Le risque de saturation serait également réduit. En effet, notre ciel est découpé en 88 constellations depuis les travaux de l’astronome Eugène Delporte en 1930.

Malheureusement, cette dernière idée ne plaît pas vraiment aux astronomes. Notamment, l’astrophysicien français Eric Lagadec a publié un tweet le 2 septembre, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une bonne nouvelle. Il faut dire que les terminologies propres au monde médical et à celui de l’astronomie ne sont pas vraiment compatibles. Selon les observateurs, il est question d’une association d’idées qui pourrait générer une connotation négative aux noms des constellations. Dans d’autres cas, cette même association pourrait ne pas exprimer toute la gravité d’un variant. Ainsi, l’OMS devrait trouver une autre idée plus neutre et plus logique en attendant que toutes les lettres grecques s’épuisent au fur et à mesure de l’apparition des variants.