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Covid-19 : comment distribuer les vaccins de manière équitable dans le monde ?

Crédits : mohamed_hassan / pixabay

Lorsqu’un vaccin sera fin prêt à être administré aux populations, il faudra penser à un moyen de distribuer les doses de façon équitable. Un groupe d’éthiciens de la santé a récemment critiqué le projet de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette dernière désire allouer à chaque pays suffisamment de doses pour vacciner 20 % de leur population.

Un groupe s’oppose à l’OMS

Dans un avenir proche, un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2 fera l’objet d’une distribution à grande échelle. Il s’agira peut-être du vaccin russe Spoutnik V, dont les résultats préliminaires ont été plutôt encourageants. Toutefois, la question de l’équité des premières distributions reste sujette à débats. Rappelons tout d’abord que l’OMS veut donner une quantité de doses suffisante pour chaque pays afin de vacciner 20 % de leur population.

Dans une tribune publiée dans la revue Science le 3 septembre 2020, un groupe international d’éthiciens de la santé critique ce projet. Les experts menés par Ezekiel Emanuel de l’école de médecine de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) penchent pour une autre solution, à savoir un schéma d’allocation plus juste entre les pays.

Pour les auteurs de la publication, donner la même proportion de vaccins à chaque pays est une fausse bonne idée éthique. Selon eux, il sera plus juste de donner la priorité aux pays où la situation est la plus préoccupante. La première chose à faire serait de réduire le nombre de morts prématurées. Par ailleurs, le groupe est contre l’idée de distribuer des vaccins en fonction du nombre de travailleurs médicaux ou de personnes âgées. En effet, cette solution avantagerait inévitablement les pays les plus développés.

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Crédits : Pexels

Plus de vaccins pour les pays dans l’urgence

Les experts ont présenté leur Fair Priority Model. Il s’agit dans un premier temps de calculer les années de vie gagnées dans un pays recevant un million de doses de vaccin. Par exemple, donner un million de vaccins au Pérou est plus pertinent que de les offrir à la Nouvelle-Zélande. Actuellement au Pérou, la pandémie tue un millier de personnes chaque jour. Les auteurs de la publication réfutent également les critiques fustigeant une solution récompensant les “mauvaises élèves” de la pandémie. Citons notamment les États-Unis ou encore le Brésil, n’ayant pas réussi à endiguer l’épidémie en raison d’incompétence ou autres.

Après le calcul des vies sauvées permettant d’identifier les pays dans l’urgence, les auteurs estiment qu’il incombe de prendre en compte les autres conséquences. Citons notamment les dégâts économiques et sociaux, la fermeture des écoles, le chômage et bien sûr, la pauvreté. Or, les populations prioritaires ne seraient pas forcément les médecins et autres infirmières. Il serait question de donner la priorité aux personnes dont le logement, l’emploi ou l’âge les rend plus vulnérables au coronavirus. Cette vision du partage mondial des futurs vaccins rencontrera-t-elle un écho chez les dirigeants mondiaux ? Seul l’avenir nous le dira.