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Covid-19 : certains patients développent une “immunité surhumaine”

Crédits : Prostock-Studio / iStock

Certains malades du coronavirus SARS-CoV-2 développent des anticorps très puissants, mais aussi très polyvalents. Ceux-ci sont capables de venir à bout du virus et de plusieurs de ses variants, selon de récents travaux.

Des anticorps résistant aux variants

“Immunité surhumaine” ou encore “immunité pare-balles”, tels sont les termes que certains scientifiques utilisent en ce moment. Pour sa part, l’immunologiste Shane Crotty a choisi le terme  “immunité hybride” dans un article publié dans la revue Science en juin 2021. L’intéressé a indiqué que cette immunité contre le SARS-CoV-2 semblait être d’une puissance impressionnante.

Il faut dire qu’au cours des derniers mois, certains travaux – comme ceux du Laboratoire d’immunologie moléculaire de l’Université Rockefeller en juin 2021 – ont mis en lumière le fait que certains patients Covid-19 généraient une réponse immunitaire étonnamment puissante face au virus. Il est question de taux très élevés d’anticorps ainsi que d’une grande polyvalence de ces derniers. En effet, les anticorps en question résistent aux variants actuellement en circulation. De plus, ils pourraient également se montrer efficaces contre les variants à venir.

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Crédits : AltoClassic/ iStock

Des résultats un peu spéculatifs

Le Dr Paul Bieniasz ayant déjà participé à l’étude du mois de juin a pré-publié d’autres travaux sur la plateforme BioRxiv le 8 août 2021. Le chercheur, interrogé par la radio étasunienne NPR, a affirmé avoir repéré des anticorps capables de neutraliser six coronavirus en lien avec le SARS-CoV-2. Nous retrouvons les actuels variants delta et bêta, mais aussi deux virus ayant pour l’instant seulement infecté les pangolins et un autre concernant les chauves-souris. Citons également le coronavirus SARS-CoV-1, à l’origine de l’épidémie de 2003 et dont les points communs avec le virus actuel sont toutefois moins nombreux.

«Ainsi, les anticorps polyclonaux humains obtenus de manière optimale contre le SRAS-CoV-2 devraient être résistants aux variations futures substantielles du SRAS-CoV-2 et pourraient conférer une protection contre les futures pandémies de sarbécovirus», affirme le principal meneur de ces travaux.

Paul Bieniasz concède que tout ceci a une dimension un peu spéculative, mais reste tout de même persuadé que certains malades bénéficient d’un certain degré de protection contre les virus de type SRAS n’ayant encore jamais infecté les humains. Ces recherches – bien qu’en attente de validation par des pairs – pourraient servir à mieux préparer les populations à l’apparition de variants et de futures autres épidémies de coronavirus. En attendant, les gouvernements du monde entier continuent d’appeler les populations à la vaccination. Il s’agit encore pour l’instant du meilleur moyen d’en finir avec la pandémie actuelle et retrouver une vie normale.