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Le coût des catastrophes naturelles pour 2022 s’élève déjà à 65 milliards de dollars

Supercellule orageuse au Kansas le 10 mai 2014. Crédits : NOAA Weather in Focus Photo Contest 2015.

Selon un rapport du réassureur allemand Munich Re paru le 28 juillet dernier, les catastrophes naturelles telles que les vagues de chaleur, les pluies diluviennes et autres tornades ont déjà causé plus de 65 milliards de dollars de pertes économiques entre les mois de janvier et de juin.

Ces estimations préliminaires sont inférieures de 40 milliards de dollars aux pertes évaluées l’année précédente sur la même période. Toutefois, elles ne tiennent pas compte de toutes les répercussions associées aux phénomènes longs comme les vagues de chaleur ou les sécheresses qui seront seulement prises en compte dans les données du second semestre au vu de l’inertie de certains systèmes (eau potable, rendements agricoles, impacts sur les marchés internationaux, etc.).

Sur ces 65 milliards de dollars, seuls 34 milliards correspondent à des actifs assurés, une valeur proche des années précédentes. Aussi, ce sont essentiellement les coûts des actifs non assurés qui expliquent l’écart avec l’année passée.

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Localisation des catastrophes naturelles identifiées sur les six premiers mois de l’année. Crédits : Munich Re.

« Tous peuvent être des événements individuels avec des causes différentes, mais pris ensemble, une chose devient extrêmement claire : la puissante influence du changement climatique devient de plus en plus évidente et les conséquences pour les populations du monde entier sont de plus en plus palpables », souligne Ernst Rauch, climatologue à Munich Re.

Les États-Unis dominent le paysage des pertes économiques 

Le réassureur allemand note que la moitié des pertes rapportées se situent aux États-Unis, dont deux tiers des pertes assurées (environ 19 milliards) en lien notamment avec une vague d’orages tornadiques au mois d’avril. L’extrême le plus onéreux pour le secteur de l’assurance a toutefois correspondu aux inondations australiennes nourries par un contexte La Niña et dont le coût avoisine les 4 milliards de dollars. « Les pertes totales et les pertes assurées dues aux inondations en Australie sont déjà plus élevées après six mois qu’elles ne l’étaient au cours des années record précédentes », rapporte le climatologue.

Notons enfin que le nombre de décès attribués aux catastrophes naturelles s’élève à 4300, un chiffre en nette hausse par rapport aux années précédentes. « Le tableau des catastrophes naturelles pour le premier semestre 2022 est dominé par les catastrophes liées aux conditions météorologiques », résume Torsten Jeworrek, membre du Munich Re. « Des tornades extrêmes aux États-Unis ont causé des milliards de dollars de dégâts, des parties de la côte est de l’Australie ont été submergées par des inondations et le sud de l’Europe a été confronté à une chaleur extrême, des incendies de forêt et la sécheresse ».