in

Courir le marathon en moins de deux heures ? Possible, mais pas avant 2032

Crédits : Pixabay / Scapin

L’Homme pourrait potentiellement courir l’épreuve du marathon en moins de deux heures. Mais pas avant 2032, avance une étude s’appuyant sur l’analyse de la progression des records depuis 1950.

Le marathon le plus rapide jamais couru de tous les temps est signé du Kenyan Eliud Kipchoge, qui a couru l’épreuve de Berlin en 2018 en deux heures, une minute et 39 secondes. Juste avant lui, c’était Dennis Kimetto (Kenya) qui détenait le record (deux heures, deux minutes et 57 secondes établis en 2014, toujours à Berlin). À mesure que les années passent, le temps mis pour parcourir les mythiques 42 195 km ne cesse de se raccourcir. La question qui se pose est la suivante : pourrait-on un jour passer sous cette fichue barre des deux heures ?

Oui, mais pas avant 2032

C’est du moins ce que propose une étude publiée dans le journal de l’American College of Sports Medicine. Il n’y aurait également que 10 % de chances que ce seuil mythique soit franchi à compter de cette date. « La probabilité que cela se produise est extrêmement faible », note en effet Simon Angus, de l’Université Monash à Melbourne. Le chercheur note par ailleurs que le meilleur temps réalisable par un humain se fixe à 1 h 58 min 05 secondes. Courir le marathon plus rapidement serait alors tout bonnement impossible, physiquement.

Cette barre des « deux heures », lit-on également, ne pourrait être franchie que par un homme. Selon le modèle, le meilleur temps qu’une athlète féminine puisse accomplir est en effet de 2 h 05 min 31 secondes. À l’heure actuelle, la meilleure performance féminine reconnue par l’IAAF est celle de la Britannique Paula Radcliffe. En 2003, la sportive a couru le marathon de Londres en 2 h 15 min 21 secondes.

marathon
Le Kenyan Eliud Kipchoge a couru le marathon de Berlin en 2018 en deux heures, une minute et 39 secondes. Crédits : Wikipédia

Entraînement, génétique…

Pour battre ces records, plusieurs conditions devraient être réunies. Sabrina Stierwalt, physicienne à l’Institut de Technologie de Californie, relève trois conditions. La première, dit-elle, dépend de la vitesse à laquelle l’oxygène circule dans votre corps. Ce taux, mesuré en millilitres d’oxygène par kilogramme de masse corporelle par minute, est appelé VO2 max. En moyenne, les hommes adultes ont une VO2 max de 35 à 40 mL/kg/min, tandis que les femmes ont une VO2 max moyenne de 27-31 mL/kg/min. Les coureurs aguerris, en revanche, ont des taux bien plus élevés. Environ 85 mL/kg/min pour les hommes et 77 mL/kg/min pour les femmes.

Il y a également une part de génétique, dit-elle, qui influe sur la manière dont sont régies nos fibres musculaires. Selon la physicienne, les fibres à contraction rapide sont efficaces pour les mouvements rapides tels que le sprint, tandis que les fibres musculaires à contraction lente conviennent mieux aux longues distances comme le marathon. Les coureurs doivent également présenter un cœur suffisamment fort pour supporter une fréquence cardiaque d’environ 160 battements par minute (environ 80 % de leur fréquence cardiaque maximale) pendant plusieurs heures.

… Et conditions optimales

Et enfin les conditions de course. Outre les problèmes de vent (vous ne courrez pas aussi vite avec un vent de face), la qualité du terrain joue également un rôle important. Ce n’est pas un hasard si la plupart des records ont été battus à Berlin, dont le parcours est généralement plus plat que les autres. Notez enfin que la plupart des records, selon la chercheuse, sont observés en septembre et avril lorsque les températures sont plus modérées.

Ainsi, si vous remplissez toutes ces conditions, et que vous vous entraînez suffisamment, vous aurez alors environ 10 % de chance (si vous êtes un homme) de passer sous la barre des deux heures en 2032. Chiche ?

Source

Articles liés :

Après avoir couru un marathon, nos fonctions rénales sont dans le même état qu’après une opération de chirurgie cardiaque

Une super-mamie de 92 ans devient la femme la plus âgée au monde à boucler un marathon

L’Homme de Néandertal était-il un sprinter ou un coureur de fond ?