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Les cosmonautes russes pourront-ils un jour voler avec SpaceX ?

Crédits : Wikimedia Commons

Après déjà trois lancements en équipage à son actif, SpaceX a désormais joué les taxis pour des astronautes américains, un astronaute français et un astronaute japonais. Un Allemand, Matthias Maurer, sera également de la partie pour la prochaine mission (Crew-3), dont le lancement est prévu en octobre. Qu’en est-il des Russes ?

Ce système d’échanges de sièges avait été prôné par la NASA dès l’annonce de son partenariat avec SpaceX pour transporter ses astronautes vers l’ISS. Or, la capsule Crew Dragon a déjà opéré trois voyages, et pour l’heure, aucun cosmonaute à l’horizon. Malgré des mois de négociations en cours, la NASA et Roscosmos doivent en effet encore s’entendre sur un système d’échange de sièges pour les trajets vers la Station spatiale internationale.

Ces ententes ne sont évidemment pas nouvelles. Au cours de ces dernières années, les astronautes de la NASA ont fait énormément de stop à bord des capsules Soyouz russes. Pendant ce temps, plus d’une douzaine de cosmonautes ont également intégré les navettes spatiales avant l’arrêt du programme en 2011.

Dans le cadre d’un tel schéma, les astronautes américains continueraient donc à voler sur des véhicules Soyouz, tandis que des cosmonautes russes monteraient à bord de vaisseaux commerciaux américains, comme la Crew Dragon de SpaceX (la capsule Starliner de Boeing n’est pas encore prête).

« Nous travaillons sur les accords en ce moment »

De son côté, SpaceX se retrouve un peu au milieu de tout cela. « Bien sûr, nous serions honorés de faire voler des cosmonautes sur la Crew Dragon, mais je n’ai aucune idée des objections potentielles », a en effet déclaré le fondateur de la société, Elon Musk, en marge du lancement réussi de la mission Crew-2. « Peut-être que c’est peut-être juste une panne de communication, je ne sais pas ».

La NASA, quant à elle, assure qu’un accord est en préparation, soulignant au passage que de telles négociations internationales sont simplement lentes par nature.

« Nous travaillons sur les accords en ce moment », a déclaré Kathy Lueders, chef de la direction de l’exploration humaine et des opérations de la NASA, lors de la même conférence de presse. « Les gens comprennent l’importance des échanges d’équipages pour la prise en charge de l’ISS et nous travaillons donc sur cette question et mettons cet accord en place. Cela n’arrive probablement pas aussi vite que je le souhaite, mais nous y travaillons », a-t-elle assuré.

Pas avant 2022, au plus tôt

Début février, l’administrateur par intérim de la NASA, Steve Jurczyk, avait espéré qu’un accord pourrait être conclu à temps pour qu’un cosmonaute russe puisse voler à bord de la mission Crew-3. Mais Jurczyk n’y croit plus trop. Des heures d’entraînements sont en effet nécessaires pour se familiariser avec le vaisseau. Sans compter les combinaisons de SpaceX qui doivent être ajustées et personnalisées.

Pour l’heure, la mission Crew-3 comprend les astronautes de la NASA Raja Chari et Tom Marshburn, ainsi que l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) Matthias Maurer. Il reste donc un siège de libre. Ce dernier sera probablement réservé à l’astronaute de l’ESA Samantha Cristoforetti, mais rien n’est confirmé.

Deux sièges sont également encore disponibles sur la mission suivante de SpaceX, Crew-4, qui doit être lancée en 2022. Autrement dit, si des cosmonautes russes doivent un jour voler avec SpaceX, ce ne sera pas avant l’année prochaine. Si tel est le cas, ce ne sera de toute façon que temporaire. La Russie a en effet récemment annoncé son intention de quitter l’ISS dès 2025.