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Pourquoi un corps sans vie devient-il rigide ?

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Quelques minutes après le décès d’une personne, son corps sans vie devient rigide. On appelle cela la rigidité cadavérique. Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? 

Le sujet n’est pas très réjouissant, mais la question se pose : qu’est-ce qui explique que le corps devienne rigide dans les premiers moments qui suivent le décès d’une personne ? La rigidité cadavérique est l’un des éléments clés qui permettent à la médecine légale de déterminer avec précision l’heure à laquelle le décès est survenu.

Cette rigidité se caractérise par une perte d’élasticité des tissus, notamment des muscles, et elle intervient entre trente minutes et deux heures après le décès d’une personne. En premier lieu, ce sont les muscles du visage et de la nuque qui sont touchés par ce phénomène qui progresse ensuite vers le bas du corps. L’intensité maximale est atteinte entre six et dix heures après le décès, se maintient à ce stade avant de disparaître progressivement après deux ou trois jours. C’est le début de la décomposition.

Toutefois, ces moments d’apparition, d’évolution et de disparition peuvent changer, car ils dépendent de plusieurs facteurs comme la proportion de cellules musculaires, la température initiale du corps (sachant qu’un cadavre perd environ 1 °C par heure), la température ambiante, la présence de produits toxiques ou encore la manipulation précoce du corps.

Le phénomène de rigidité s’explique avec deux protéines en forme de filaments, l’actine et la myosine au cœur des cellules musculaires. À la mort, il y a une perte de l’étanchéité du réticulum sarcoplasmique, une sorte de poche située dans la cellule musculaire et contenant des ions calcium. Or pour évacuer ce calcium, il faut de l’énergie qui n’est plus disponible après la mort, ce qui entraîne l’accumulation de calcium. Alors, les fibres d’actine et de myosine restent attachées, ce qui entraîne l’immobilisation du muscle. À la décomposition, la structure des filaments d’actine et de myosine ainsi que les liaisons qui les unissent sont détruites et la rigidification s’arrête.

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