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Coronavirus : comment expliquer le taux de mortalité si bas en Allemagne ?

Crédits : enriquelopezgarre/Pixabay

L’Allemagne est elle aussi touchée par la pandémie de Covid-19, mais au contraire de ses nombreux voisins, le pays semble présenter un taux de mortalité extrêmement bas. Comment l’expliquer ?

À ce jour (mercredi), l’Italie enregistre 69 176 personnes touchées par le coronavirus SARS-CoV-2, pour 6820 décès (taux de mortalité 9,8%). L’Espagne est elle aussi durement touchée, avec 47 610 cas recensés et plus de 3400 décès (taux de mortalité d’environ 7%). La France, de son côté, enregistre aujourd’hui 22 637 cas, pour un peu plus de 1100 décès (taux de mortalité d’environ 4,8%).

Et puis nous avons l’Allemagne, qui enregistre ce mercredi 35 353 cas pour “seulement” 181 décès, soit un taux de mortalité d’environ 0,5%. Comment expliquer cette tendance outre-Rhin ? Voici quelques éléments de réponse.

Des tests précoces et massifs

Les autorités allemandes ont reconnu très tôt la maladie dans leur pays et, dès fin janvier, ont en effet décidé de mettre en place des tests de dépistage à grande échelle. Tous les laboratoires indépendants ont également été appelés à participer. D’après le Robert Koch Institut, qui pilote la lutte contre l’épidémie, environ 12 000 tests sont réalisés quotidiennement dans le pays.

N’est pas testé qui veut, mais l’apparition de symptômes couplée au contact avec un cas confirmé ou une personne revenant d’une zone à risque suffisent généralement.

Cette méthode, développée également en Corée du Sud, a donc permis aux médecins allemands de diagnostiquer les malades plus rapidement et d’isoler les cas les plus à risque. Ainsi, la propagation du virus a pu être réduite chez les personnes les plus fragiles.

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Hôpital de la Charité de Berlin. Crédits : Charité – Universität Berlin

Plus d’équipement médical

L’Allemagne compte en effet plus de 25 000 lits de soins intensifs avec assistance respiratoire, alors que la France n’en compte que 7 000 et l’Italie moins de 5 000. Ces capacités devraient même être doublées au cours de ces prochaines semaines, a fait savoir le pouvoir allemand.

Les patients diagnostiqués sont donc pour le moment rapidement pris en charge et les unités de soins intensifs ne sont pas saturées, comme c’est notamment le cas en Italie ou en France (Grand-Est).

Une population jeune touchée

Les premiers patients diagnostiqués outre-Rhin en janvier étaient de jeunes personnes revenues des sports d’hiver en Italie. La maladie s’est donc principalement propagée, au grès des contacts, à travers une population relativement jeune et en bonne santé. De ce fait en Allemagne aujourd’hui, plus de 70 % des personnes infectées ont entre 20 et 50 ans.

Même si nous savons que tout le monde peut être touché par la mortalité du Covid-19, les personnes plus jeunes qui ne souffrent pas de maladie chronique restent quand même généralement plus robustes.

Attention tout de même. Pour rappel, près de 25 % de la population allemande est âgée de plus de 60 ans. C’est pourquoi les autorités craignent de voir le nombre de ses décès fortement augmenter dans les prochains jours.

Enfin soulignons également que, contrairement à l’Italie ou à la France, l’Allemagne n’effectue aucun test post-mortem pour le coronavirus. Cela veut dire que lorsqu’une personne décède à domicile et non pas à l’hôpital, son cas aura de fortes chances de ne pas être pris en compte dans les statistiques.

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