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Corée du Sud : un groupe de travail planche sur une interdiction de la viande de chien

Crédits : Free-Photos/pixabay

À l’heure où de nombreux pays tentent d’œuvrer en faveur du bien-être animal, certaines pratiques de moins en moins acceptables subsistent. En Corée du Sud, le président Moon Jae-in a fait une proposition : examiner sérieusement la possibilité d’en finir avec la consommation de viande de chien.

Vers la fin de la viande de chien en Corée du Sud ?

En Chine et en Corée du Sud notamment, un certain nombre de personnes apprécient la viande de chien et de chat. En 2016 déjà, une place forte en lien avec la consommation de ce type de viande avait fait l’objet de mesures radicales. Il s’agissait du marché de Moran à Seongnam (Corée du Sud), connu pour être le « marché aux chiens » du pays depuis les années 1960. À cette occasion, pas moins de 22 vendeurs de chiens ont été exclus du marché et appelés à se reconvertir dans la vente d’autres produits.

Toutefois, malgré ces mesures spectaculaires, la Corée du Sud est loin d’en avoir fini avec la consommation de viande de chien. Il faut dire qu’il s’agit d’une tradition séculaire. Comme l’indique ABC News dans un article du 25 novembre 2021, l’actuel président sud-coréen Moon Jae-in a rappelé la nécessité d’examiner avec attention la possibilité de mettre fin à cette pratique. En 2018, il avait déjà interdit l’abattage des chiens et des chats.

Sous l’impulsion du président, sept bureaux gouvernementaux, dont le ministère de l’Agriculture, ont annoncé la création d’un groupe de travail. Les responsables politiques, experts civils et membres de certaines organisations devront ainsi statuer sur l’éventuelle interdiction. Dans un premier temps, ils obtiendront des informations sur les élevages de chiens, mais aussi sur les restaurants et autres établissements servant ce type de viande. Évidemment, l’opinion publique sera également questionnée sur le sujet.

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Crédits : Flickr / popofatticus

La position du gouvernement ne plaît pas

La création de ce groupe de travail a logiquement jeté un froid sur l’industrie de la viande de chien. Toutefois, le gouvernement a tenté de rassurer ses acteurs. En effet, leurs conclusions ne prendront pas forcément la forme d’une interdiction. Toutefois, les éleveurs et autres travailleurs ont jugé la position du gouvernement assez floue et ont vivement protesté. Ju Yeongbong, secrétaire général d’une association d’éleveurs de chiens, est monté au créneau. L’homme a tout notamment déclaré que le gouvernement bafouait le droit des citoyens à « manger ce qu’ils veulent ». La protestation des éleveurs a pris la forme d’un boycott des discussions avec le gouvernement portant la viande de chien.

Les militants pour les droits des animaux ont quant à eux également montré le mécontentement, estimant que l’interdiction relève de l’évidence.

Enfin, il convient de préciser que les restaurants proposant de la viande de chien sont de moins en moins nombreux en Corée du Sud. En effet, les plats ne séduisent pas vraiment la jeunesse, surtout que les animaux de compagnie gagnent sans cesse en popularité. Néanmoins, entre 1 et 1,5 million de chiens sont abattus chaque année pour l’alimentation. Si ce nombre semble très élevé, ce dernier a beaucoup baissé depuis les années 2000-2010 où plusieurs millions d’animaux étaient abattus par an.