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Un corail permettrait de mieux lutter contre le sida

Crédits : tpsdave / Pixabay

Le sida est l’abréviation de Syndrome d’Immuno Déficience Acquise. Une étude comparative menée par l’ONUSIDA entre 2001 et 2012 démontre qu’au niveau mondial, le nombre de nouvelles infections par an a diminué de 33%. De même pour le nombre de décès liés au sida qui a reculé de 29%. Ces chiffres démontrent que le monde continue de progresser pour mettre un terme à cette épidémie en évitant la transmission et les décès liés au sida. La découverte d’une protéine présente dans un corail permettrait d’aider à atteindre ce but. 

Le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine), ne peut pas se reproduire par ses propres moyens et doit infecter d’autres cellules pour se multiplier. C’est pourquoi ce virus va rendre visite en premier lieu à son ami le lymphocyte T4. Et en remerciement, il lui offre son ARN viral avec une enzyme intégrase et une enzyme ARN transcriptase. Cette dernière va utiliser l’ARN viral pour synthétiser l’ADN du VIH en se servant des organites, c’est-à-dire des éléments constituant la cellule, de l’hôte.

Cet ADN ainsi formé va se mêler à l’ensemble du matériel génétique, appelé génome, du lymphocyte T4 grâce à l’enzyme intégrase. Il va alors être mis en sommeil et il peut le rester pendant plusieurs années. Lorsqu’il va se réveiller, l’ADN viral devient actif et assure la production de tous les éléments nécessaires à la création de nouveaux virus. À la mort du lymphocyte, ils iront infecter d’autres cellules. Néanmoins, malgré cette explication du mécanisme de reproduction du virus, une question se pose.. Mais que fait la Police ?

Elle fait de son mieux, mais le pouvoir destructeur du VIH dépasse les capacités régénératives de l’organisme et la vitesse de fabrication des cellules détruites. De plus, l’efficacité du système immunitaire est entravée par la destruction de son centre opérationnel. Eh oui, les lymphocytes T4 sont les cellules qui déclenchent la réponse immunitaire. Le virus se camouflant en eux et les détruisant au fur et à mesure, le système immunitaire ne sait pas comment répondre efficacement à cette infection. Les défenses alors nettement affaiblies, d’autres infections peuvent avoir lieu et se développe alors une maladie dite opportuniste. C’est dans ce cas que l’on parle du sida.

Pour y faire face, les scientifiques de l’Institut National du Cancer, aux États-Unis, ont découvert une protéine dans le corail plumeux. Appelée cnidarine, elle peut se fixer sur un VIH et l’empêcher d’infecter une cellule. Celui-ci ne pouvant vivre bien longtemps en dehors d’une autre cellule, cela revient à sa mise à mort. Ainsi, ce produit pourrait être mêlé à un gel et permettrait de se protéger de l’infection. Toutefois, il est important de vérifier la réaction du virus face au traitement. Celui-ci mute très facilement et cela pourrait s’avérer problématique. « Nous nous inquiétons toujours de la possibilité qu’ils sapent l’effet des traitements déjà existants en encourageant la résistance du virus », explique Barry O’Keefe.

D’après les premiers résultats, le virus développe une résistance à la protéine tout en restant vulnérable aux autres traitements. Désirant poursuivre leur recherche, les scientifiques sont toutefois sensibles à l’écologie. « Nous ne pouvons pas dépouiller la planète de ce corail pour récolter les protéines, donc notre priorité aujourd’hui est de trouver des moyens d’en produire plus afin des procéder à des tests précliniques », ajoute Barry O’Keefe.

Pour finir et afin d’éviter toute confusion suite à cet article, je tiens à rappeler que les gels et les lubrifiants sur le marché à l’heure actuelle ne protègent pas du sida (voir les notices des produits). Donc, continuez à sortir couverts !

Bibliographie : Medicalxpress, Académie de Créteil, Futura Sciences, Inserm, Maxisciences, Microbiologybook, Sida info service (bis), Unaids