COP 28 : un accord historique, mais des zones d’ombres persistantes

COP 28 climat
Crédits : UNclimatechange / Flickr

La COP 28 a récemment suscité l’inquiétude, mais a tout de même débouché sur un accord historique. Il officialise en théorie la transition des énergies fossiles vers le renouvelable, avec pour objectif la neutralité carbone à l’échelle globale d’ici à 2050. Néanmoins, des zones plus sombres restent sans réponse, notamment concernant le financement de cette transition et le marché des quotas carbone.

Une neutralité carbone planétaire d’ici à 2050

La 28e Conférence des Parties sur le Climat de l’ONU (COP28) s’est déroulée du 30 novembre au 12 décembre 2023 à Dubaï (UAE). Or, cet événement a suscité de nombreuses interrogations en raison de sa tenue dans cette ville habituellement réputée pour sa démesure, son luxe et son caractère « contre nature ». Pourtant, cet évènement s’est terminé sur une décision historique pour accélérer l’action climatique.

Évoquons tout d’abord le fait que plusieurs pays ont poussé pour faire avancer les choses plus rapidement, mais que certains pays producteurs de gaz et de pétrole se sont montrés bien plus réticents. L’objectif était d’incriminer fermement ces énergies fossiles et les désigner comme responsables du réchauffement climatique. En définitive, il est pour l’instant question d’un éloignement de ces énergies plutôt que d’un abandon brutal, bien que la situation actuelle soit urgente.

Malgré cela, les 197 pays participants ont voté à l’unanimité pour un traité historique visant la neutralité carbone planétaire d’ici à 2050. Bien que cette échéance arrive dans seulement 27 ans, il s’agit d’une avancée très claire vers la fin des énergies fossiles.

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Crédits : UNclimatechange / Flickr

Un accord ambitieux, mais loin d’être parfait

Deux notions ont été particulièrement mises en avant : le charbon et les énergies renouvelables. Le charbon, première cible de l’accord, devrait être progressivement abandonné par la planète dans son ensemble, tout comme le pétrole et le gaz. Le texte précise tout de même qu’il s’agit certes d’énergies de transition utiles pour assurer la sécurité énergétique. Toutefois, elles devront bel et bien laisser place aux énergies renouvelables dans trois décennies. Or, l’accord semble impliquer des moyens considérables pour parvenir à cet objectif. Il prévoit en effet tout de même de tripler les capacités des énergies renouvelables, notamment grâce au nucléaire, dans l’objectif aussi de doubler le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Cependant, il semble que des zones d’ombres persistent, selon une publication de Réseau Action Climat. Pour l’association, la COP 28 est synonyme de signal politique fort sur les énergies fossiles. Néanmoins, l’accord ne traite pas vraiment du manque de moyens et de certains paris technologiques dangereux éloignant le monde d’une sortie idéale des énergies, en termes de justice, de rapidité et d’équité.

Réseau Action Climat indique que l’accord ne dit rien sur la manière avec laquelle cette transition énergétique sera financée. Rien non plus concernant la responsabilité des pollueurs historiques et la garantie d’une justice et d’une équité, notamment envers les pays du Sud. D’autres critiques ont été formulées, concernant par exemple le marché des quotas carbone. Or, cet outil de fiscalité verte a été pourtant très critiqué pour son inefficacité climatique, mais également pour les risques qu’il fait peser sur les communautés locales.