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Controverse : La péridurale ne ralentirait pas l’accouchement !

Crédit : iStock

En France, la péridurale est choisie dans plus de 70 % des cas par les femmes enceintes. Jugée responsable d’un ralentissement du travail, l’anesthésie est généralement interrompue à la fin de l’accouchement pour abroger le travail. Or, une nouvelle étude vient de démanteler cette croyance populaire : la péridurale ne ralentirait pas l’accouchement. 

La péridurale est une technique anesthésiante ayant pour but l’injection de médicaments antidouleur dans l’espace péridurale de la moelle épinière. Elle minimise les douloureuses sensations provoquées par l’accouchement, mais avait comme désavantage de le ralentir ! Nous disons bien « avait », car une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Obstetrics and Gynecology vient de mettre à mal cette théorie.

Pour infirmer l’hypothèse que la péridurale ralentissait l’accouchement, les scientifiques de l’étude ont suivi l’accouchement de 400 femmes. Toutes devaient commencer le travail avec la péridurale, mais seulement la moitié en bénéficiaient en intégralité. L’autre partie, choisie au hasard et sans être prévenue, s’est vu remplacer l’anesthésiant par une solution saline à l’effet placebo. Pour des résultats encore plus fiables, aucun aide-soignant, sage-femme et même chercheur ne furent au courant des produits administrés. Cette méthode de « double aveugle » permit de juger de l’impartialité de l’étude.

Crédits : Wikipédia

Nous savons que plus le travail est long, plus les risques sont élevés pour la santé du bébé et pour celle de la future maman. Les obstétriciens ont donc pris l’habitude d’arrêter la péridurale avant la fin de l’accouchement pour abroger au plus vite le travail. Mais sur quelles avancées se reposaient-ils ? Les résultats de l’étude ne sont en effet pas en faveur de cette croyance populaire ! Le temps d’accouchement moyen pour les femmes ayant reçu la solution saline fut de 51 minutes, contre 52 pour les femmes ayant bénéficié de la péridurale !

Hormis la diminution de la douleur, aucun autre effet ne fut observé chez les femmes anesthésiées. Philip Hess, directeur du service d’anesthésie obstétrique au Centre médical Beth Israel Deaconess à Boston et professeurs-associés à l’École de médecine de Harvard expliquent : « Nous n’avons pas vu d’effet négatif, mais l’analgésie péridurale lors de la seconde étape de l’accouchement reste sujet à controverse et mérite des études supplémentaires ».

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