Contre toute attente, l’atterrisseur japonais SLIM survit à une nuit lunaire glaciale

SLIM Lune Japon
Une image prise par Sora-Q, un robot qui l'accompagne, montre l'atterrisseur japonais SLIM atterri en toute sécurité, mais renversé sur le nez. Crédits : JAXA/Takara Tomy/Sony Group Corporation/Université Doshisha

Le 31 janvier dernier, l’atterrisseur lunaire japonais SLIM avait été mis hors tension pour entrer dans une phase de sommeil de deux semaines à la fin de sa mission initiale. L’appareil n’étant pas équipé pour survivre aux températures glaciales de la nuit lunaire, les chercheurs ne s’attendaient pas à ce qu’il se réveille. SLIM a finalement répondu aux commandes envoyées par son équipe le 25 février.

Un réveil inattendu pour SLIM

Il y a plusieurs semaines, le Japon a célébré son succès en réalisant un atterrissage lunaire avec le vaisseau spatial Smart Lander for Investigating Moon (SLIM), devenant ainsi le cinquième pays à atteindre la surface lunaire. SLIM a atterri avec une précision exceptionnelle, à seulement 55 mètres de sa cible. Cependant, les cellules solaires de SLIM ne fonctionnaient pas correctement en raison de leur orientation vers l’ouest, ce qui les privait de la lumière du Soleil. Une image d’un des petits rovers déployés par SLIM a révélé que l’atterrisseur était incliné probablement en raison d’une défaillance du propulseur principal pendant la phase finale d’atterrissage, empêchant la lumière solaire d’atteindre les panneaux solaires et entraînant l’arrêt prématuré des opérations.

Malgré ces difficultés, la JAXA avait réussi à rétablir la communication avec SLIM neuf jours après l’atterrissage, permettant ainsi à l’engin de reprendre ses opérations axées sur les observations et la collecte d’informations. La fenêtre opérationnelle de SLIM restait cependant très courte en raison de l’approche imminente de la nuit lunaire qui, pendant environ deux semaines, allait imposer des températures pouvant atteindre les -133°C. En effet, l’appareil n’a pas été conçu avec un système de chauffage capable d’y faire face.

Néanmoins, et contre toute attente, SLIM a réussi à survivre et à reprendre ses opérations après avoir été mis hors tension à la fin de sa mission pour économiser de l’énergie pendant la nuit lunaire. Cela souligne la résilience et l’adaptabilité de l’atterrisseur face à des défis imprévus lors de sa mission sur la surface de notre satellite.

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Le rocher lunaire Aki Inu, photographié dans une lumière proche infrarouge par la caméra spectroscopique multibande de l’atterrisseur lunaire japonais SLIM. Crédits : JAXA, Université Ritsumeikan et Université d’Aizu

Survivre le plus longtemps possible

Maintenant que le jour lunaire a repris, les responsables de la JAXA ont prévu de reprendre la communication avec SLIM une fois que les températures de ses instruments se seront suffisamment refroidies. En effet, pendant cette phase, l’appareil devra supporter des températures étouffantes allant jusqu’à 121 degrés Celsius.

Rappelons que les écarts de température sur la Lune sont en effet extrêmes en raison de l’absence d’une atmosphère significative pour réguler la chaleur. Ces variations posent naturellement des défis importants pour les missions spatiales lunaires qui nécessitent des conceptions et des technologies spéciales pour assurer la survie et le fonctionnement des équipements pendant les périodes froides de la nuit lunaire et les périodes chaudes du jour lunaire.