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Contracter un cancer, « c’est comme perdre à la loterie »

Crédits : Mattwide / Pixabay

La malchance joue un rôle majeur dans le fait de contracter des cancers. C’est en tout cas ce qu’avance une récente étude menée par des chercheurs, qui constate qu’une grande partie des cancers ne sont dus qu’à des mutations aléatoires, sans raisons particulières.

« Lorsque quelqu’un a le cancer, les gens veulent immédiatement savoir pourquoi. Ils aiment croire qu’il y a une raison. Et la vraie raison, ce n’est souvent pas parce que cette personne a eu de mauvaises habitudes ou qu’elle a été exposée à quelque chose de mal, c’est simplement parce qu’elle n’a pas eu de chance. C’est comme perdre à la loterie » explique le Dr Bert Vogelstein, oncologue à l’Université John Hopkins School of Medecine de Baltimore (USA), et directeur de l’étude.

L’étude menée est arrivée à la conclusion que deux tiers des cancers ne sont dus qu’à des mutations aléatoires d’ADN qui s’accumulent dans diverses parties du corps, pendant une division cellulaire ordinaire. Aucune prédisposition héréditaire ou environnementale n’est en cause pour 22 des 31 types de cancers étudiés lors de cette recherche. Seule la malchance entre en compte pour ces maladies, parmi lesquelles on retrouve la leucémie, le cancer du pancréas, des os, des ovaires ou encore des testicules.

Les neuf autres cancers étudiés ont eux des causes plus rationnelles, et sont davantage liés à des facteurs héréditaires ou environnementaux. On retrouve parmi eux le cancer des poumons, colorectal ou encore de la peau. Cristian Tomasetti, biomathématicien de la même Université et co-auteur de l’étude, publiée dans la revue « Science », ajoute que changer ses habitudes et comportements pour mieux prévenir des cancers peut tout à fait avoir une influence pour réduire les risques pour certains, mais cela n’aura pas d’influence sur d’autres. « Ainsi, nous devrions nous concentrer davantage de recherches et de ressources à la recherche de moyens pour détecter ces cancers au début, durant les stades curables » conclut-il.

Source : cbc, ifls