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Connaissez-vous les matériaux dépolluants ?

Crédits : Alexas_Fotos / Pixabay

À l’heure où la pollution de l’air intérieur commence à devenir un problème de santé publique, les professionnels du bâtiment et les chercheurs rivalisent d’ingéniosité pour traiter le mal à la racine. Il existe aujourd’hui toute une gamme de produits commercialisés (peintures, plâtres et même des ampoules) qui, non contents d’être infiniment moins nocifs que leurs prédécesseurs, contribuent également à purifier l’air de nos maisons. Petit tour d’horizon de ce marché en pleine expansion.

En tant qu’habitants d’un monde industriel, nous passons 90% de notre temps en espace clos, échangeant l’habitacle de notre voiture pour le lieu de travail ou le domicile. Or les milieux confinés présentent une concentration élevée de polluants auxquels nous sommes par conséquent exposés au quotidien : les appareils de chauffage, les cuissons des aliments, la peinture et même les meubles sont autant de sources d’émanations polluantes susceptibles d’avoir des effets nocifs sur l’homme.

Des enjeux sanitaires et économiques

Il est estimé qu’environ 30% de la population occidentale souffre d’allergies respiratoires directement liées ou non à la pollution intérieure, et L’Organisation mondiale de la Santé classe aujourd’hui les troubles respiratoires comme la quatrième maladie la plus répandue à l’échelle planétaire. Un constat alarmant qui a aussi ses conséquences économiques : un rapport publié en avril par l’Agence nationale de sécurité sanitaire révèle qu’en France, la pollution intérieure aurait coûté sur une année près de 19 milliards d’euros et été responsable de 20 000 morts environ, rien qu’en prenant en compte les 6 polluants les mieux connus.

Dans la ligne de mire, l’un des principaux composés organiques volatils : le formaldéhyde, encore appelé méthanal. Celui-ci est classé cancérigène par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) depuis 2004. Présent dans la quasi-intégralité des matériaux de finition jusqu’au début des années 2000, il aura fallu attendre 2007 pour que son usage soit interdit par l’Union Européenne. Une lenteur dans les processus décisionnels qui s’explique par un intérêt récent , et des connaissances encore très incomplètes sur le sujet.

La dépollution par la lumière

L’un des mécanismes les plus utilisés pour parvenir à assainir l’air intérieur est issu de la nanotechnologie : la photocatalyse. Il s’agit d’un phénomène d’oxydation permettant d’éliminer n’importe quel polluant organique sous l’action de la lumière, grâce à la présence de semi-conducteurs dans le matériau : à l’heure actuelle, ce sont majoritairement les oxydes de titanes qui sont utilisés comme catalyseurs pour décomposer les contaminants. La réaction chimique, qui s’opère en surface, lui permet d’être intégrée à différents produits sans altérer leur efficacité première. Elle offre par ailleurs des propriétés anti-bactériennes et empêche la prolifération de moisissures.
On peut ainsi trouver dans le commerce des applications très variées de photocatalyse : plâtre, aérosols, carrelage… La vidéo ci-dessous se penche sur le cas d’ONIP, une PME normande ayant développé une peinture dépolluante afin de s’adapter aux exigences d’un marché plus responsable.

sources : bio-etc, wikipédia, techniques de l’ingénieur