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Compostables, biodégradables : comment repérer les produits vraiment écologiques ?

Crédits : -Vlad-Chețan-from-Pexels

Vous avez sûrement entendu parler des sacs pas vraiment “biodégradables” qui sont en fait restés intacts après avoir passé trois ans enfouis sous terre ? C’était le résultat d’une étude menée par des chercheurs anglais sur plusieurs types de plastiques estampillés “biodégradables”. Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de produits ou d’emballages compostables ou biodégradables, alors comment savoir s’ils remplissent leur fonction ?

Quelle différence entre biodégradable et compostable ?

Le mot compostable n’apparaît pas encore dans le Larousse, il faut se référer au mot le plus proche, “compostage”, défini ainsi par le dictionnaire :

« Mise en fermentation de certains déchets agricoles ou urbains, de façon à récupérer des éléments riches en minéraux et matière organique, qui sont ensuite incorporés aux terres agricoles afin de les enrichir. »

Toujours selon le Larousse, voici la définition du terme “biodégradable” :

« Se dit des produits industriels et des déchets qu’une action bactérienne, naturelle ou induite, décompose assez rapidement et les fait disparaître de l’environnement en les convertissant en molécules simples utilisables par les plantes. »

Pour Futura Sciences, la différence est plus tranchée. Un produit biodégradable doit se décomposer, dans la nature, sans impact négatif sur l’environnement et sur une courte durée à l’échelle de la vie humaine.

Selon le magazine, « un produit compostable est également biodégradable », mais il est souvent décomposé industriellement « à des températures comprises entre 70 et 80 °C et avec un taux d’humidité tournant autour de 70 % ». Ensuite, le compost permet de fertiliser naturellement les sols. Voilà qui explique pourquoi la dégradation peut être plus ou moins lente avec les composteurs maison.

compost déchets jardin
Crédits : Pixabay/ Antranias

Quels produits peut-on trouver et quelles matières privilégier ?

Plusieurs paramètres peuvent être pris en compte pour définir si un article est réellement biodégradable et écologique : sa composition, sa provenance ainsi que ses conditions de fabrication et de revalorisation.

Bien évidemment, la biodégradabilité doit être totale : à la fin du processus de dégradation, il ne doit rester que de l’eau, des sels minéraux, du gaz carbonique et de la biomasse. Ceci est très important afin de produire un compost puis un humus de qualité, sans résidus toxiques.

Les matières à privilégier et les exemples de produits

Bien qu’il ne soit pas toujours facile d’identifier avec précision la composition des produits biodégradables, il est conseillé de préférer ceux qui contiennent des matières naturelles. On en trouve donc dans des proportions plus ou moins élevées. Ce qu’il faut retenir, c’est que plus un article est composé de matières et de matériaux naturels, plus son taux de biodégradabilité est élevé.

Sac en jute
Sac en jute – Crédits : Александр Пономарев de Pixabay
  • Les déchets agricoles séchés puis transformés, compostables en jardin (sachets, sacs, plateaux, bols…)
  • Le coton, le lin, le rottin, le jute, le rafia, et autres tissus ou fibres naturels : souvent réutilisables et biodégradables (sac, serviettes hygiéniques, couches, lingettes, disques à démaquiller…)
  • La viscose, obtenue à partir du bois (papier-peint écologique entièrement compostable, conçu à base de lin)
  • L’amidon de maïs, biodégradable en 6 mois (sacs poubelle pour la collecte des déchets fermentescibles, capsules de café)
  • Les feuilles de palmier (assiettes compostables à partir de feuilles de palmier déjà tombées)
  • La pulpe de canne à sucre et la fibre de roseau, compostables (barquettes alimentaires, boîtes à burger…)
  • Le papier ciré (pots à sauce en à usage unique)
  • Le bambou, réutilisable et biodégradable en 6 mois (pailles, cotons-tiges, vaisselle, brosses, coques, lunettes, chargeurs…)
  • Le polyéthylène végétal, obtenu à partir d’éthanol (sacs poubelle…)
  • Le carton et le papier compostables (gobelets, assiettes, pailles…)
  • Le papier ciré à la cire d’abeille (bee wraps : emballages réutilisables et compostables)
Assiettes à base de feuilles de palmier
Assiettes à base de feuilles de palmier – Pxhere

Le saviez-vous ?

Chaque année, plus de 300 milliards de pailles en plastiques et 30 milliards de cotons-tiges sont jetés. Ils se retrouvent dans nos océans où ils peuvent mettre jusqu’à 500 ans à se dégrader.

Se renseigner sur la durée de dégradation du composant principal

Avant d’opter pour un produit biodégradable ou compostable, vous pouvez rechercher la durée de dégradation moyenne du matériau principal qui le compose.

Quelques exemples de durées de dégradation de matériaux naturels

  • Contenant (sac ou autre) en amidon de maïs : 2 semaines à 2 mois
  • Pelures de fruits ou de légumes : 1 mois
  • Coton : 1 à 5 mois
  • Papier : 2 à 5 mois
  • Corde : 3 à 14 mois
  • Laine : 1 à 5 ans
  • Carton : 5 ans
  • Cuir : 25 à 40 ans
  • Tissu en nylon : 30 à 40 ans
  • Textiles : 100 à 500 ans
Plastic_Pollution_in_Ghana
Plastic_Pollution_in_Ghana – Muntaka Chasant wikimedia

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