in

Comment momifier un corps, selon le plus ancien manuel égyptien découvert à ce jour

Crédits : Paul Hudson / Flickr

Une égyptologue a récemment déchiffré un guide expliquant étape par étape le processus d’embaumement d’un corps, permettant de le momifier pour son passage vers l’au-delà. Il s’agit du plus ancien texte de ce genre découvert à ce jour.

Dans l’Égypte antique, la conservation du corps était un symbole très important permettant d’accéder à l’immortalité. On procédait alors à la momification, un rituel funéraire visant à “purifier et de rendre divin le corps pour que celui-ci devienne un Osiris”. Au sens propre du terme, momifier consistait donc à conserver un cadavre, puis à placer le corps dans un sarcophage. Mais comment s’y prenait-on, exactement ?

Un nouveau guide

Ces compétences n’étaient pratiquées que par un petit nombre d’individus hautement qualifiés qui transmettaient leurs connaissances par voie orale. Jusqu’à présent, seuls deux textes égyptiens antiques détaillant les processus de momification avaient été identifiés.

Dans le cadre de sa thèse, Sofie Schiødt, de l’Université de Copenhague (Danemark), en a isolé un troisième en réanalysant le Papyrus Louvre-Carlsberg. Il s’agit d’un papyrus de six mètres de long datant d’environ 1450 avant notre ère actuellement conservé au Musée du Louvre.

Si une grande partie du texte est toujours manquante, ce papyrus détaille principalement les connaissances anciennes de la phytothérapie et des gonflements de la peau, mais pas que. Une petite section est en effet consacrée au processus d’embaumement. Ce “guide de la momification” est le plus ancien découvert à ce jour.

momie papyrus momifier égypte
Une section du papyrus. Crédits : Université de Copenhague

Comment momifier un corps ?

D’après ce texte, qui se lit davantage comme un “pense-bête”, l’ensemble du processus de momification prenait environ soixante-dix jours. On apprend également que les embaumeurs travaillaient activement sur la momie tous les quatre jours. “Entre ces intervalles, le corps était recouvert de tissu et de paille infusée d’aromates pour éloigner les insectes et les charognards“, explique la chercheuse.

Concernant les étapes, les embaumeurs procèdent tout d’abord à une purification du corps. Durant ce processus, les principaux organes, les yeux et le cerveau du défunt étaient prélevés. On entamait ensuite la période de séchage de trente-cinq jours durant laquelle l’intérieur et l’extérieur du corps étaient traités avec du natron sec. Il s’agit d’une matière salée récoltée dans les lits des lacs asséchés.

Une seconde période de trente-cinq jours était ensuite consacrée à l’enveloppement du corps dans des bandages et des substances aromatiques. Une fois cette étape du processus de momification terminée, la momie était placée dans son cercueil, après quoi des activités rituelles étaient menées pendant plusieurs jours. Le but était alors d’accompagner le passage du défunt dans l’au-delà.

Enfin, “l’une des nouvelles informations passionnantes que le texte nous fournit concerne la procédure d’embaumement du visage de la personne décédée“, ajoute Sofie Schiødt. Le papyrus détaille en effet une liste d’ingrédients permettant la préparation d’un remède. Celui-ci se composait en grande partie de substances aromatiques végétales et de liants cuits dans un liquide avec lequel les embaumeurs enduisent un morceau de lin rouge. “Ce linge était ensuite appliqué sur le visage du défunt afin de l’enfermer dans un cocon protecteur de matière parfumée et antibactérienne“, souligne l’égyptologue. Ce processus a été répété à intervalles de quatre jours.