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Comment la Nasa compte ramener le rocher d’un astéroïde en 2020

Crédits : NASA

L’agence spatiale américaine prévoit un voyage qui se fera en 2020 avec un vaisseau automatique. Le projet précédant celui-ci visait à capturer un astéroïde entier, mais a été abandonné. La NASA mène un projet présentant divers intérêts.

Atteindre un astéroïde, prélever un rocher, le tracter et le mettre sur orbite lunaire, telle est la mission Asteroid Redirect Mission (ARM), datant pourtant de trois ans. En effet, l’intention première était de remorquer un astéroïde entier. Ce projet, défendu par Barrack Obama qui en avait fait la demande, était pensé comme un tremplin pour une autre mission, cette fois sur Mars. Malgré la revue à la baisse du projet, ce dernier servira à collecter des informations utiles pour les prochains voyages de longue durée.

« La mission ARM fournira ainsi une première démonstration de plusieurs systèmes de vol spatial qui seront nécessaires pour envoyer des astronautes vers des destinations lointaines dans l’espace dont surtout Mars » selon Robert Lightfoot, un des responsables de la NASA. Le concept a été désormais approuvé et se trouve en « phase A ».

Le vaisseau automatique ARM sera équipé d’un moteur à propulsion solaire-électrique actuellement en développement. Ce système pourrait donner une autonomie intéressante dans la quête de l’espace lointain. Il s’avère être moins gourmand en carburant, plus rapide et plus performant que n’importe quelle autre technologie disponible, toujours selon la NASA.

« Les astéroïdes sont un sujet très chaud pas seulement parce qu’ils peuvent être une menace pour notre planète, mais aussi pour leur valeur scientifique », estime Jim Green, responsable des sciences planétaires à la NASA.

À ce jour, 12 000 astéroïdes ont été identifiés dont l’orbite croise celle de la Terre. Environ 96% d’entre eux dépassent un kilomètre de largeur. L’agence spatiale américaine n’a détecté aucun danger pouvant être dû à un objet de cette taille, au moins pendant les cent prochaines années. Mais il existe des astéroïdes plus petits qui seraient dangereux. En 2011, 893 de ces objets ont été comptabilisés Ce nombre est passé à 1472 en 2014.

Ayant déjà exploré des moyens de défense face à une éventuelle chute d’astéroïdes (projet Deep Impact), la NASA aborde le sujet différemment avec l’ARM, puisqu’il s’agit d’utiliser la force gravitationnelle exercée dans l’espace par n’importe quel objet, même le vaisseau spatial, afin de modifier la trajectoire d’un astéroïde. Ainsi, le vaisseau pourra tirer le corps céleste sans le toucher.

La NASA n’a toujours pas choisi son astéroïde, mais dispose encore d’un moment pour faire son choix, jusqu’en 2019. Itokawa, Bennu et 2008 EV5 sont les trois astéroïdes retenus, le dernier étant préféré, alors que les recherches se poursuivent. Le jour venu, le vaisseau ARM déploiera son bras télémanipulateur afin de prendre un rocher d’environ 4 m de longueur puis le placer sur orbite lunaire en le tractant, un voyage qui durera six années.

En 2021, la capsule Orion permettra à deux astronautes d’explorer le rocher et d’en prélever des échantillons à analyser sur Terre, une mission d’environ 25 jours. De nombreuses molécules datant de la formation du système solaire sont présentes dans les astéroïdes.

Sources : La Presse – 20 Minutes