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Comment est apparue la parole ? La théorie du besoin de communiquer du sens…

Crédits : PIXNIO - Marko Milivojevic

Nous reste-t-il quelque chose de la rengaine (langage animal) de nos ancêtres ? Et si oui, comment en sommes-nous arrivés à un langage articulé ? Nous allons nous intéresser aujourd’hui à l’idée que nos ancêtres auraient vu leur corps se modifier en même temps qu’ils auraient eu besoin de communiquer du sens pour se faire comprendre !

2,5 millions d’années d’évolution du langage

Le sujet de l’apparition de la parole – ou du langage – est toujours d’actualité. De nombreuses études ont été effectuées depuis l’Antiquité, et plus précisément depuis les Lumières. On peut citer notamment deux grands noms dont les écrits sont encore utilisés de nos jours : Noam Chomsky qui nous dit que le langage est inscrit génétiquement dans l’homme, et Derek Nickerton qui a avancé la thèse du protolangage. Mais aucune de ces études n’est allée jusqu’à associer cognition, évolution et langage. Personne n’est allé aussi loin dans ses recherches. C’est ce qu’a fait Philippe Barbaud dans son ouvrage intitulé « L’instinct du sens ».

Philippe BarbaudDans son essai scientifique très documenté, il remonte 2,5 millions d’années en arrière pour comprendre pourquoi et comment nos ancêtres primates ont perdu leur langage animal et ont développé un langage articulé. En adoptant la position debout, nos ancêtres auraient vu une modification apparaître dans leur appareil buccal, qui en plus de servir à respirer et transformer la nourriture, se serait approprié une nouvelle fonction : émettre des sons. Avec le temps, à force d’utiliser ces nouveaux sons, nos ancêtres auraient découvert les interjections qui leur auraient permis de faire la découverte du soi et des autres. Et ce processus de découverte des sons se serait développé et aurait perduré car nos ancêtres auraient eu envie de communiquer du sens pour se faire comprendre. Ils auraient eu une sorte d’addiction au sens qui, accompagnée du besoin de véhiculer de l’information, aurait entraîné la création d’un lexique.

Un animal qui aurait perdu son langage au profit d’un autre

Pour en arriver à une telle conclusion qui mêle cognition, évolution et langage, il aura donc fallu que l’auteur, qui est linguiste, s’appuie sur un très grand nombre d’autres disciplines (paléoanthropologie, biologie évolutionniste, sociologie, neurophysiologie…). L’apparition de la parole serait donc due à une accumulation de transformations anatomiques, morphologiques et physiologiques (elles-mêmes liées aux changements d’environnement et de climat).

L’homme serait donc un animal qui aurait perdu son langage. Notre espèce aurait donc subi une régression du langage animal au profit d’un langage articulé en paroles. Philippe Barbaud a, en définitive, développé une préhistoire de la parole basée sur le sens et la communication.