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Comment donner son corps à la science ?

Crédits : iStock

Pour beaucoup d’entre nous, la seule chance de pouvoir intégrer l’école de médecine sera d’offrir notre corps à la science. Mais concrètement, quelles sont les démarches ?

Nous allons tous mourir, c’est inévitable. Ce que nous pouvons en revanche contrôler avant qu’il ne soit trop tard, c’est ce qu’il adviendra de notre corps après notre départ. Certains optent pour un enterrement classique, quand d’autres préfèrent se tourner vers la crémation. Il est également possible d’utiliser nos corps comme engrais ou même d’envoyer nos cendres dans l’espace. Néanmoins, sachez qu’il existe également une autre option : donner votre corps à la science.

Faire progresser la médecine

L’idée peut paraître macabre au début, mais elle témoigne en réalité d’un véritable élan de générosité permettant de faire progresser la science. Partout dans le monde, des étudiants en médecine et en chirurgie ont besoin de corps humains pour apprendre et perfectionner leurs techniques. Ces compétences profiteront un jour à d’autres personnes, bien vivantes cette fois.

Bien sûr, il existe aujourd’hui des “mannequins” plus vrais que nature permettant de s’y essayer. Cependant, rien ne peut véritablement reproduire la texture d’une peau ou d’un tissu organique, d’où l’intérêt de la démarche qui doit bien évidemment être entreprise de votre vivant après avoir été mûrement réfléchie.

Informer sa famille

Premièrement, une fois votre décision prise, vous devez en informer votre famille et vos proches. Il est également important de leur expliquer les procédures à suivre si un malheur devait arriver. Cette étape est primordiale pour assurer le bon déroulé des opérations.

Souvent, les donateurs ne divulguent pas leur décision à leurs familles par crainte d’un jugement ou par peur de les décevoir. En effet, un corps légué à la science doit l’être dans les 48h. De fait, les proches n’ont finalement pas la possibilité de dire au revoir de manière traditionnelle. Donner son corps est un cadeau, mais c’est un acte qui implique aussi un sacrifice.

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Crédits : MabelAmber/pixabay

Quelles sont les démarches ?

Vous devez prendre contact par écrit (papier daté et signé) avec le centre de don le plus proche de chez vous. La liste et les coordonnées des établissements concernés sont disponibles ici. Après réception, la faculté de médecine vous demandera de lui renvoyer :

– Une fiche de renseignements complétée
– Une fiche de confirmation du don
– La photocopie recto/verso d’un titre d’identité
– Et une enveloppe timbrée portant votre nom et adresse pour recevoir votre carte de donneur

Notez que cette carte doit impérativement être conservée sur soi. En effet, en cas de décès, si aucune carte officielle ne prouve que vous avez décidé de léguer cotre corps à la médecine, celui-ci sera refusé.

Il est par ailleurs important de souligner que la démarche ne sera pas gratuite. Si les établissements doivent normalement assurer à leurs frais l’inhumation ou la crémation du corps (après manipulation), la plupart n’ont pas les moyens de prendre en charge le transport du corps.

Il n’y a pas vraiment de cadrage national sur le montant de ces frais. Avant tout engagement, il est donc important de vous renseigner auprès de la structure la plus proche, mais ces tarifs varient souvent entre 200 à 900 euros. Ces frais doivent également être payés d’avance par vos soins ou par votre contrat obsèques.

Notez également qu’une fois la démarche engagée, vous n’êtes pas pieds et poings liés. Vous pouvez revenir sur votre décision à tout moment. Si tel est le cas, vous pouvez retourner votre carte de donneur ou la détruire.

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Les étudiants en médecine ont besoin de corps humains pour apprendre et perfectionner leurs techniques. Crédits : squeeze/pixabay

Votre corps peut-il être refusé ?

Oui, c’est possible, et ce, pour plusieurs raisons :

– Le dépassement du délai de transport du corps 48 heures maximum après le décès. C’est pourquoi il est important de garder votre carte de donneur sur vous et que votre famille ou vos proches soient au courant. En cas de malheur, tout doit aller très vite.

– L’absence de carte de donneur

– La présence d’une pathologie contagieuse

– Si vous avez subi une opération chirurgicale récente

– Ou si votre décès est lié à un accident de la circulation ou à un suicide

Notez que si votre corps venait à être refusé pour l’une de ces diverses raisons, il est important d’avoir un “plan b”. Autrement dit, pensez à une option alternative.

Si votre corps est recueilli dans les 48 heures comme prévu, il est alors transféré dans la structure compétente où il sera traité pour être conservé. Il sera ensuite utilisé selon les besoins : pour être disséqué, pour entraîner les jeunes chirurgiens ou dans le cadre de recherches cliniques par exemple.

Une fois ces opérations terminées, votre corps est inhumé ou crématisé (selon ce que vous avez bien pris soin de notifier). La plupart du temps, les cendres sont dispersées dans un espace commun de type Jardin du Souvenir. Une stèle sur laquelle est inscrit votre nom permet à la famille et aux proches de se recueillir.

Si vous en exprimez le souhait, notez qu’il est aussi possible de rendre vos cendres (uniquement vos cendres) à votre famille contre paiement de l’urne.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous renseigner ici.

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