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Comment 4 personnes ont développé un cancer à cause d’une seule donneuse d’organes

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Crédits : iStock

Une équipe de médecins du Centre médical universitaire d’Amsterdam, aux Pays-Bas, rapporte le cas exceptionnel (et malheureux) d’une donneuse d’organes non diagnostiquée, ayant transmis le cancer à quatre personnes. Trois sont aujourd’hui décédées.

Une équipe dirigée par la néphrologue Frederike J. Bemelman, du Centre médical universitaire à Amsterdam, publiait il y a quelques jours dans l’American Journal of Transplantation un « cas extraordinaire ». Il s’agit de celui d’une donneuse d’organes décédée en 2007 à l’âge de 53 ans d’un accident vasculaire cérébral, dont le cancer du sein n’avait pas été diagnostiqué. Elle aura légué ses reins, ses poumons, son foie – et malheureusement sa maladie – à quatre personnes en demande. Quelques mois plus tard, trois de ces patients sont décédés, rapportent les chercheurs.

«De nombreux rapports ont montré que la transmission du cancer peut se produire lors d’une transplantation d’organes solides, expliquent-ils. Cependant, ceci est le premier rapport décrivant la transmission du cancer du sein après une procédure multi-organes d’un donneur à quatre receveurs». Avant le décès de la donneuse d’organes en 2007, un examen physique complet de celle-ci n’avait pas décelé la présence de la tumeur. Ses organes ont donc été transmis suite à son décès, et les quatre receveurs ont également commencé à développer des tumeurs.

Seize mois après la greffe, en août 2008, la femme de 42 ans qui avait bénéficié des deux poumons commença à en effet développer des tumeurs, très vite répandues dans tout le corps. Elle est décédée un an plus tard. Des tests ont révélé la présence de cellules cancéreuses du sein dérivées de la donneuse. Une femme de 62 ans bénéficiaire du rein gauche, tomba malade cinq ans plus tard. Des tests révélèrent un cancer généralisé transmis par la donneuse. Elle décéda deux mois après avoir été diagnostiquée. Celle qui reçut le foie – une femme de 59 ans – développa également de son côté une tumeur dérivée de la donneuse quatre ans après la greffe. Elle décédera trois ans plus tard.

Seul un homme âgé de 32 ans a survécu, bénéficiaire du rein droit de la donneuse. Il a effectivement développé un début de cancer mais fut rapidement diagnostiqué puis traité avec succès par traitement médicamenteux. Pour les chercheurs – et quand bien même le risque de transmission tumorale reste très faible – ce rapport de cas prouve que des évaluations de donneurs plus détaillées devraient être développées et mises en place le plus rapidement possible.

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