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Comme se fait-il que les cafards soient aussi résistants ?

Crédits : USGS Bee Inventory and Monitoring Lab

Les cafards figurent généralement parmi les compagnons de chambre les plus indésirables. Mais il y a une chose qu’on ne peut pas leur enlever : ils sont admirablement résistants. Comment est-ce possible ? Le génome séquencé de l’insecte nous donne quelques réponses.

Des chercheurs chinois annoncent en effet avoir séquencé le génome du cafard américain (Periplaneta americana), pour ensuite le comparer aux génomes obtenus de deux espèces apparentées, le cafard australien (P. australasiae) et le cafard fumé (P. fuliginosa). Ils l’ont également comparé aux données génétiques disponibles d’autres insectes dans le même ordre général : les Blattoptères. Vous retrouverez dans cet ordre notamment les termites. Ils ont alors constaté que le cafard américain possède l’un des plus grands génomes connus parmi les insectes, juste après le criquet commun.

Les chercheurs expliquent par ailleurs avoir découvert que certaines familles de gènes sont devenues beaucoup plus expansives au fil du temps, en particulier celles associées à la chimioréception et à la désintoxication. La chimioréception est essentiellement la capacité d’un animal à sentir et à goûter le monde qui l’entoure. Les cafards américains ont accumulé un stock massif de gènes qui les ont dotés de récepteurs gustatifs plus amers. Ces gènes ont probablement aidé l’insecte omnivore à étendre sa présence à travers le monde, en lui permettant d’ingérer un large éventail d’aliments, peu importe où ils se retrouvaient.

Les gènes de désintoxication, quant à eux, permettent aux cafards de développer une résistance aux armes chimiques que nous avons développées pour les éliminés (les cafards sont, au passage, loin d’être les seuls insectes à avoir développé ce genre de gènes). Les chercheurs ont également découvert des gènes permettant à l’insecte à changer son taux de croissance en fonction de la quantité de nourriture disponible. Cette “plasticité développementale” est un autre aspect crucial de la façon dont les cafards peuvent survivre et réussir pratiquement partout, expliquent les chercheurs, qui détaillent leurs conclusions dans la revue Nature Communications.

L’étude est ici d’importance, puisque le cafard, au-delà du dégoût qu’il suscite généralement, répand de nombreuses maladies et cause des allergies. Mieux le cerner permettra alors de mieux “contrôler” l’insecte. Il ne s’agit pas de l’éradiquer. Sur notre planète, il existe presque autant d’espèces de cafards que de mammifères; Moins de 1% des 4800 espèces connues de cafards peuvent être nuisibles à l’homme. ces insectes jouent par ailleurs un rôle très important dans la nature, participant à la fragmentation des déchets organiques.

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