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De la glace aussi moelleuse que de la « mousse de cappuccino » isolée sur une comète

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Une image de la surface de la comète Tchouri. Crédits : ESA

Avant de se reposer définitivement sur la comète « Tchouri » il y a six ans, l’atterrisseur Philae a rebondi plusieurs fois sur la surface, s’enfonçant dans une glace « aussi moelleuse qu’une mousse de cappuccino ». Telle est la conclusion d’une étude publiée ce mercredi.

En 2014, plus de dix ans après son lancement, la mission Rosetta de l’Agence spatiale européenne (ESA) a finalement atteint sa destination : la comète 67P / Churyumov – Gerasimenko – ou comète « Tchouri ». L’objet se plaçait alors à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. L’un des principaux objectifs de la mission était de poser un petit atterrisseur nommé Philae sur la surface de l’objet. Le 13 novembre de cette année-là, il est alors devenu le premier artefact humain à tenter un atterrissage en douceur sur une comète.

Plusieurs rebonds avant de rester coincé

Malheureusement, l’atterrissage ne s’est pas passé comme prévu. Le pauvre Philae a en effet rebondi sur la surface avant de s’immobiliser dans une position ne lui permettant pas de réceptionner suffisamment de lumière solaire (et donc d’énergie). Finalement, l’ESA a officiellement renoncé à essayer de communiquer avec son atterrisseur, dès lors considéré comme « perdu ».

Cependant, sa courte manœuvre n’a pas été vaine. Près de six ans plus tard, les chercheurs ont en effet acquis de nouvelles informations sur la comète grâce aux mesures du magnétomètre ROMAP de Philae.

Concrètement, lorsqu’il a tenté d’atterrir, Philae a touché le sol plusieurs fois. D’abord sur son site d’atterrissage prévu, puis sur un second site, puis sur un troisième trente mètres plus loin, là où il s’est finalement immobilisé. Ce dernier ne sera identifié que presque deux ans plus tard, lorsqu’une caméra fixée sur Rosetta, toujours en orbite, a repéré Philae, caché dans l’ombre d’une crête.

Ceci dit, depuis cet épisode, les chercheurs se sont attelés à déterminer l’endroit exact du second rebond. Et pour cause, «les capteurs du robot Philae indiquaient en effet qu’il avait pénétré la surface, exposant ainsi vraisemblablement la glace primitive cachée sous celle-ci», explique Laurence O’Rourke, de l’ESA, dans un communiqué. Ces données recueillies, les chercheurs ont enfin pu les analyser.

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Image prise par Rosetta lors de l’atterrissage de Philae le 13 novembre 2014. Crédits : ESA / AFP

Incroyablement moelleux

Dans la revue Nature, les responsables de mission expliquent avoir pu mesurer à la fois la profondeur de l’empreinte (25 centimètres) et la rapidité avec laquelle elle s’est imprimée (trois secondes). De là, ils ont alors estimé la résistance à la compression du rocher glacé. Et, surprise, ce bloc de glace était incroyablement moelleux.

«La simple action de Philae nous a permis de comprendre que cet ancien mélange de poussière glacée, vieux de plusieurs milliards d’années, est extraordinairement doux – plus moelleux que la mousse d’un cappuccino», poursuit Laurence O’Rourke, de l’ESA, dans un communiqué.

Les nouvelles données ont également souligné que le rocher touché par Philae est assez poreux. Autrement dit, il y a beaucoup d’espace vide entre la glace et les grains de poussière. Pour Matt Taylor, également du projet Rosetta, ce type d’étude est essentiel pour les futures missions d’atterrissage. «Le fait que la comète ait un intérieur aussi moelleux est une information vraiment précieuse en termes de conception des mécanismes d’atterrissage, ainsi que des processus mécaniques qui pourraient être nécessaires pour récupérer des échantillons».