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Pourquoi certaines personnes collectionnent-elles des objets radioactifs ?

Crédits : Zvesoulis / Wikimedia Commons

Si Tchernobyl est déjà au cœur d’un tourisme un peu particulier, certaines personnes ont quant à elles une pratique assez étrange. En effet, elles collectionnent des objets radioactifs, principalement de la vaisselle.

Une véritable passion

La radioactivité passionne de nombreux individus. Certains osent même se rendre dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, à savoir un rayon de trente kilomètres autour de la centrale. En 2019, la salle du contrôle du réacteur n°4 de la centrale a même été officiellement ouverte au public. Par ailleurs, l’Ukraine a affirmé en 2020 vouloir faire en sorte que la zone d’exclusion figure au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Néanmoins, certains passionnés de radioactivité n’entreprennent pas nécessairement le voyage jusqu’en Ukraine ou jusqu’à Fukushima (Japon). Elles se contentent de collectionner des objets radioactifs. Leur cible de prédilection : la verrerie ancienne que la radioactivité a teinte en jaune ou en vert. Pour qualifier ces objets en verre contenant de l’uranium, un terme existe : ouraline.

Les pièces les plus populaires peuvent se vendre pour plusieurs milliers d’euros, notamment sur la plateforme eBay. Il existe également une convention annuelle de la verrerie radioactive aux États-Unis ainsi qu’un groupe sur Reddit où chacun peut montrer ses dernières trouvailles à tout le monde.

ouraline verrerie
Crédits : Nerdtalker / Wikimedia Commons

Un risque quasi inexistant

Les collectionneurs aiment illuminer leur butin à la lumière noire afin de laisser apparaître une couleur fluorescente grâce aux ultraviolets. Par ailleurs, si de nombreux objets sont disponibles en ligne, d’autres le sont également dans les brocantes. Lors de ce genre d’événements, les passionnés s’équipent ainsi d’un compteur Geiger afin de déceler les pièces les plus radioactives et donc les plus rares.

L’ouraline contenant de l’uranium existe depuis l’Antiquité, mais a connu une réelle popularité dans la seconde moitié du XIXe siècle. À cette époque, l’uranium est le colorant vert le plus abordable et on ignore encore tout des dangers qu’il représente. La production d’ouraline a néanmoins été stoppée durant la Seconde Guerre mondiale. L’on réservait alors en effet l’uranium aux recherches sur les armes nucléaires.

Concernant la vaisselle, les risques sont moindres, car l’uranium est beaucoup moins radioactif que d’autres composants tels que le radium. Malgré la lumière verte ou jaune qui se dégage des objets, il n’est donc pas vraiment question de radioactivité, mais du résultat de la composition chimique de l’uranium. Cette quasi-absence de risque n’a toutefois pas empêché les États-Unis de conseiller à la population d’éviter de manger ou boire dans les fameux contenants.