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Cette start-up veut utiliser du CO2 pour produire de la viande synthétique

Crédits : Air Protein

À l’heure où les alternatives à la viande traditionnelle fleurissent, une société propose une production capable d’intégrer du dioxyde de carbone. En théorie, le projet semble viable d’un point de vue environnemental et le processus, déjà exploré par la NASA il y a plus d’un demi-siècle, est prometteur.

Un processus connu depuis longtemps

En 2019, le cabinet de conseil en stratégie A.T. Kearney publiait un rapport stipulant qu’en 2040, une grande partie de la viande sera cultivée en laboratoire. Il faut dire que les projets se multiplient, qu’il s’agisse de viande animale artificielle ou d’alternatives végétariennes. Certains se sont déjà concrétisés comme ceux de Beyond Meat, Impossible Foods, Memphis Meats ou encore Wildtype. D’autres projets se veulent plus atypiques, notamment celui consistant à utiliser de l’orge OGM pour cultiver de la viande artificielle.

Dans un article, le magazine Wired évoque quant à lui Air Protein, une start-up américaine dont l’objectif est de transformer le dioxyde de carbone en steak. Plus précisément, il s’agit d’utiliser les protéines comestibles que contient le CO2 afin de cultiver des bactéries riches en protéines.

Cependant, le concept n’est pas nouveau en soi puisque la NASA y travaillait déjà avant d’abandonner ses recherches dans les années 1960. L’Agence Spatiale des États-Unis cherchait en effet à l’époque un moyen de nourrir les astronautes dans le cadre de missions de longue durée dans l’espace. Or, l’une des idées retenues était de combiner le CO2 présent dans l’atmosphère à des microbes spécifiques dans le but de produire de la nourriture.

Consommer du CO2 sans en émettre

Lisa Dyson et John Reed, à l’origine de Air Protein, travaillaient auparavant au Département de l’énergie du Berkeley Lab (États-Unis). Ils ont donc pleinement conscience que l’agriculture a un impact énorme sur le dérèglement climatique. Il faut dire que la consommation de viande a doublé en seulement deux décennies et qu’elle devrait atteindre des sommets dans un futur proche. Selon les prévisions, la Terre comptera en effet environ dix milliards d’êtres humains en 2050.

Le dioxyde de carbone étant avec le méthane l’un des principaux gaz à effet de serre, il apparaît donc intéressant de l’utiliser pour obtenir des protéines destinées à nourrir les humains et ainsi en limiter l’impact environnemental. Air Protein assure que coupler le CO2 à des cultures microbiennes permet d’obtenir une viande synthétique à forte contenance en protéines. Le secret réside dans les bactéries hydrogénotrophes, cultivées dans des cuves de fermentation et nourries en CO2, mais également en oxygène, en eau, en minéraux et en nitrogène. Le résultat se présente sous la forme d’une farine qui deviendra de la viande synthétique sous différentes formes après le recours à des procédés déjà actuellement en vigueur dans l’industrie agroalimentaire.

Air Protein viande
Crédits : Air Protein

Air Protein affirme que le processus consomme du CO2 sans en émettre et que des installations couplées aux usines de production pourraient permettre de capter directement ce même dioxyde de carbone. Enfin, la start-up évoque un argument de taille : le gain de place. À production équivalente, ce processus prendrait 1,5 million de fois moins d’espace que les fermes d’élevage habituelles.