Afin de remédier au manque de connaissance de l’organe féminin du plaisir, une chercheuse a mis au point un clitoris en 3D qu’elle aimerait voir se diffuser à l’école, dans les cours d’éducation sexuelle.

Le clitoris, que le poète et romancier français Théophile Gautier appelait « la rose », avait les faveurs des plus belles plumes du XIXe siècle. En revanche, le XXe siècle n’a pas été une période faste pour l’organe féminin du plaisir, considéré comme étant le « grand oublié » des cours d’éducation sexuelle. Alors qu’il a toujours été représenté seulement en partie dans les manuels scolaires, le clitoris vient d’être reproduit par le biais d’une imprimante 3D par Odile Fillod, une chercheuse indépendante en sociologie des sciences, également spécialiste des questions liées au sexe.

« Il s’agit d’un modèle stylisé, car en réalité, un clitoris est toujours asymétrique, irrégulier » explique-t-elle, avant d’ajouter qu’il s’agit ici de « montrer concrètement à quoi ressemble cet organe dont l’anatomie est généralement méconnue ou mal comprise. »

Ce clitoris en taille réelle, fabriqué en plastique biodégradable, laisse entrevoir des parties habituellement méconnues comme le gland, qui serait le point de 8000 terminaisons nerveuses, ou encore un duo de racines enlaçant deux bulbes vestibulaires.

Odile Fillod a tout d’abord pensé à un modèle de clitoris de forme et de taille moyenne en prenant en compte divers articles scientifiques, avant de solliciter les compétences du Fab Lab de la Cité des Sciences situé à Paris. Ainsi, la chercheuse a pu modéliser et imprimer le fameux clitoris 3D. De plus, le ficher source de ce dernier est disponible en accès libre sur le Web.

« Ainsi, les enseignants de SVT, les éducateur/ices à la sexualité ou toute autre personne pourront en imprimer un exemplaire et s’en servir à des fins pédagogiques » indique Odile Fillod, avant d’ajouter que « les programmes scolaires ne détaillent que les connaissances relatives à la reproduction, dans laquelle le clitoris n’intervient pas ».

Selon la chercheuse, l’éducation sexuelle et les manuels de SVT n’accordent pas une très bonne visibilité au clitoris en France. Ce défaut d’éducation a été également souligné par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes dans son dernier rapport sur l’éducation sexuelle, publié en juin 2016 (en PDF).

Sources : The Guardian – LibérationLe Figaro