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Climat : vers des tempêtes de plus en plus fréquentes en France ?

Crédits : Wikimedia Commons.

L’hiver 2019-2020 s’est imposé comme un hiver où le rail des dépressions atlantiques a concerné de manière profonde et récurrente le continent européen. Avec lui, des coups de vent et tempêtes qui ont régulièrement fait la une des médias. Cette forte présence du flux perturbé a pu raviver la question de l’influence du réchauffement climatique sur les tempêtes. Que disent les études à ce sujet ? 

Si l’hiver a été exceptionnellement doux en France, il a aussi été marqué par la succession de nombreux coups de vent. On citera parmi d’autres, Fabien le 22 décembre, Gloria le 22 janvier, Hervé le 3 février, Ciara du 9 au 11 février, Inès le 13 février ou encore Dennis le 16 février. On le voit, les dépressions tempétueuses se sont propagées sur le continent avec facilité. Signature d’un flux d’ouest tournant à plein régime. Ce dernier est par ailleurs responsable de la vaste anomalie chaude observée à l’échelle de toute l’Europe.

Une question qui peut se poser est de savoir si les tempêtes deviennent plus fréquentes ou puissantes avec le changement climatique. La répétition d’épisodes de vents violents observée cet hiver risque-t-elle de devenir la norme d’ici quelques décennies ?

Aucune tendance détectable dans les observations

Avant d’aborder la question de ce qui pourrait nous attendre dans le futur, intéressons-nous tout d’abord au passé récent. Entre 1980 et 2018, Météo-France indique qu’on ne distingue aucune tendance climatique significative sur le territoire métropolitain. Et ce, aussi bien en termes de fréquence que d’intensité des tempêtes. On remarque par contre une modulation décennale notable qui concrétise la mobilité propre au système océan-atmosphère. Ainsi, certaines décennies sont naturellement plus tempétueuses que d’autres.

tempêtes France
Nombre de tempêtes par an en France entre 1980 et 2018. Crédits : Météo-France / ClimatHD.

Précisons que le choix de débuter l’analyse en 1980 tient au fait que les mesures de vents forts antérieures à cette date ne sont pas suffisamment fiables pour asseoir une bonne analyse climatique.

Aucune évolution notable attendue à long terme

Pour l’évolution attendue au cours des prochaines décennies, le paysage n’est pas plus clair. Selon Météo-France, « les études actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une tendance future notable sur l’évolution du risque de vent violent lié aux tempêtes. Les projections ne montrent en effet aucune tendance significative de long terme sur la fréquence et l’intensité des tempêtes que ce soit à l’horizon 2050 ou à l’horizon 2100 ».

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Illustration de l’importante variabilité interne à la circulation atmosphérique nord-atlantique. Reconstruction de la latitude (a) et de la vitesse (b) du courant-jet en hiver entre 1871 et 2010. Crédits : T. Woolings & al. 2014.

Il peut paraître surprenant de voir de tels résultats en présence d’un réchauffement pourtant majeur de la planète. Cela tient en partie au fait que la dynamique atmosphérique répond de façon très indirecte au chauffage induit par les gaz à effet de serre. En particulier, plusieurs mécanismes évoluent de manière contradictoire. Aussi, son évolution est souvent mal cernée par rapport à celle de variables directement liées à l’énergétique (température, évaporation, précipitations, cryosphère, etc.).

En outre, la variabilité propre à la circulation nord-atlantique est considérable ce qui réduit encore plus la capacité des scientifiques à détecter ou anticiper des changements. Toutefois, même si la fréquence et l’intensité des tempêtes n’évoluent pas ou peu, à puissance égale leur impact sera plus important. En effet, une atmosphère plus chaude peut contenir plus d’eau et donc s’associer à des pluies plus intenses. Enfin et surtout, la hausse du niveau des mers augmentera inévitablement le risque de submersion et d’érosion des zones littorales.

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