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Climat : l’évapotranspiration augmente rapidement et ce n’est pas une bonne nouvelle

Crédits : flickr.

Un groupe de scientifiques du Jet Propulsion Laboratory a récemment cherché à mieux quantifier l’évapotranspiration continentale et son évolution au fil du temps. Les résultats publiés dans la revue Nature confirment une augmentation rapide depuis le début des années 2000, concrétisant un assèchement généralisé des terres avec le réchauffement planétaire.

Une conséquence directe de l’augmentation globale des températures est l’accélération du cycle hydrologique mondial. En effet, une plus grande quantité d’énergie circule nécessairement dans ce dernier puisque le climat se réchauffe. Par conséquent, les flux d’humidité entrant et sortant – évapotranspiration et précipitation, respectivement – ainsi que la taille du réservoir atmosphérique augmentent. La théorie comme les modèles climatiques ne laissent plus planer le doute à ce sujet.

Mesures directes et indirectes

Jusqu’à présent, il était néanmoins difficile d’obtenir un tableau chiffré et complet quant à l’évolution réelle du cycle de l’eau. Une limitation essentiellement due à l’évapotranspiration continentale, somme de l’évaporation du sol et de la transpiration des végétaux. Et pour cause, sa mesure est tout sauf aisée. Aussi, les données disponibles étaient tantôt restreintes dans l’espace et le temps, tantôt accompagnées de larges incertitudes. Souvent, les deux à la fois.

Grâce à une méthode originale développée par une équipe de chercheurs du California Institute of Technology, ces difficultés sont désormais surmontées, du moins pour la période la plus récente. Au lieu de chercher à estimer l’évapotranspiration de façon directe, les scientifiques l’ont déduite d’autres variables liée au cycle hydrique en plus des variations du champ gravitationnel de la Terre consécutives au déstockage de l’eau. Inférée à partir de ces deux sources de données, l’évapotranspiration globale a été calculée pour chaque année entre 2003 et 2019.

cycle hydrologique évapotranspiration
Cycle saisonnier de l’évapotranspiration (rouge) et des précipitations (bleu). La courbe noire représente quant à lui le débit des cours d’eau. Enfin, les mesures gravimétriques de GRACE sur la réserve en eau du sol apparaissent en bleu. Crédits : Madeleine Pascolini-Campbell & al. 2021.

Une évapotranspiration en hausse rapide

Sans surprise, les résultats confirment les attentes théoriques et les simulations des modèles climatiques. Sur la période couverte par l’étude, l’évapotranspiration globale a augmenté de 10 % (± 2 %). Une hausse quasi continue au niveau mondial, cachant bien entendu d’importantes variations interannuelles d’une région à l’autre. « La variabilité de l’évapotranspiration des terres est corrélée avec El Niño » indique le papier dans son résumé. « Cependant, le principal moteur de cette tendance est l’augmentation de la température des terres ».

La précision obtenue permet d’appréhender par l’observation l’évolution du cycle hydrique mondial sous ses différents aspects. Elle montre également qu’une fraction croissante des précipitations s’évapore au lieu de ruisseler en surface. Associé au réchauffement de l’air, ce phénomène explique pourquoi même si la quantité de pluie n’évolue pas, le risque de sécheresse agricole et hydrologique va malgré tout en grandissant. Une menace croissante pour la sécurité alimentaire de nombreux pays situés dans le domaine subtropical, source de tensions supplémentaires dans un monde déjà très conflictuel.

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