Le cinéma a longtemps imaginé la démocratisation des relations sexuelles virtuelles avant que le concept fasse plus ou moins réellement son apparition de nos jours. Quelques preuves d’anticipation existent ci et là.

La Science-Fiction a longtemps fantasmé l’évolution des ébats amoureux entre deux personnes. L’évolution des technologies a donné des pistes de réflexion à certains scénaristes qui ont jugé opportun de parler de sexe virtuel. Le premier signe d’un tel fantasme ? Le film Barbarella de 1968 réalisé par Roger Vadim.

« Le faire comme ça ? Mais quelle perte de temps ! »

L’astronaute du futur expliquait dans ce long métrage avant-gardiste que les rapports sexuels charnels avaient été remplacés par des « pilules de transfert d’exaltation » couplées au simple acte de se toucher mutuellement les paumes dans le but de ressentir l’effet d’un rapport sexuel réel.

Dans les années 1990, le sexe virtuel fantasmé refait surface avec le film d’action Demolition Man (1993) dans lequel Sylvester Stallone joue le rôle de John Spartan, un policier de 1996 emprisonné puis libéré en 2032. Alors qu’il fait la connaissance du lieutenant Lenina Huxley (Sandra Bullock), cette dernière lui apprend que les « échanges de fluides » ont été proscrits au profit du sexe virtuel rendu possible par le biais de casques stimulant les sens, ce qui se rapprocherait aujourd’hui de la réalité virtuelle et des électrodes neuronales.

Bien qu’il s’agisse de Science-Fiction, ces anticipations sont pertinentes puisque nous ne sommes plus très loin de l’application de tels concepts et de leur possible généralisation. Florian Vörös, doctorant en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) déclarait il y a peu pour Rue89 :

« Aujourd’hui, le porno se consulte sur des écrans que l’on peut porter sur soi, sur des téléphones qui deviennent de plus en plus des extensions de nos êtres, qui contiennent d’autres données personnelles sur nous. Ce sont aussi des écrans tactiles, qui nous permettent de toucher les images. »

L’auteur de l’ouvrage Cultures pornographiques, anthologie des porn studies pense qu’il s’agit ici d’une « pratique où se jouent des identités, des rapports de pouvoir et des manières de voir le monde ». Faire défiler des pages de photos et profils et les « liker » avec son doigt ou encore rester appuyé pour visionner une photo ou une vidéo sur Snapchat peuvent déjà faire naître le désir.

Alors que les technologies connectées et virtuelles envahissent de plus en plus notre quotidien, ces dernières seront sûrement susceptibles d’activer des zones érogènes de notre corps. Quelques exemples ? Les gants haptiques qui ne sont déjà plus de la science-fiction à l’instar des stimulations mettant en scène des personnes simplement séparées par des écrans auxquels il est désormais possible de connecter des dispositifs comme le Kissenger qui permet d’embrasser quelqu’un à distance.

Voici la fameuse scène de sexe virtuel du film Demolition Man :

Sources : LibérationRue89