in ,

Cinéma : une peau réaliste en 3D pour redonner vie à des acteurs défunts

Crédits : capture d'écran Youtube / Vital Mechanics

Simuler presque à la perfection des mouvements de peau est l’idée d’un chercheur canadien désirant venir à bout de l’uncanny valley, cette notion stipulant que plus une entité artificielle ressemble à l’être humain plus ses imperfections nous paraissent inacceptables.

En janvier 2017, l’acteur Peter Cushing a repris du service en jouant à nouveau le rôle du Grand Moff Tarkin dans l’épisode Star Wars : Rogue One. Cet acteur incarnait déjà le même personnage dans le premier volet de la saga, 17 ans avant sa mort en 1994. Dans le film Rogue One, l’acteur défunt était incarné par une simulation 3D réaliste.

L’utilisation de clones 3D d’humains ayant vraiment existé est loin d’être simple puisque l’uncanny valley (ou vallée dérangeante) reste une notion freinant l’acceptation générale d’une telle manipulation. Ainsi, les « copies » d’humain sont aujourd’hui toujours plus perçues comme effrayantes plutôt que réalistes.

L’informaticien Dinesh Pai et son équipe de l’université de Colombie-Britannique (Canada) planchent sur l’élaboration d’un algorithme simulant les mouvements de la peau, clé de voûte des recherches destinées à créer des personnages numériques ressemblant comme deux gouttes d’eau aux personnages originaux.

« En général, quand les gens font de la motion capture, ils n’essaient pas de capter les mouvements de la peau. Ils essaient de capter les mouvements des os et du squelette », indique Dinesh Pai au site Motherboard.

Ainsi, le chercheur s’est écarté de la motion capture classique afin de capter la façon dont la peau se comporte sur le corps à travers sa capacité à se plisser, s’étirer, se raidir ou encore rebondir. Dinesh Pai assure que sont développées « beaucoup de méthodes de mesure et d’estimation pour la première fois ».

Les clones 3D ont déjà fait leur apparition au cinéma. Citons par exemple la version « jeune » de Jeff Bridges en 2010 dans le film Tron : Legacy ou encore la simulation 3D de Michael Douglas (époque Wall Street) dans le film Ant Man en 2015. La même année, le film Fast & Furious 7 est sorti, mais a fait le choix d’utiliser un clone numérique de l’acteur Paul Walker décédé subitement en 2013.

Les recherches menées par Dinesh Pai devraient permettre de faire tomber les barrières restantes bridant nos capacités à créer des personnages 3D acceptables et enfin venir à bout de la fameuse vallée dérangeante. L’intéressé est déjà à la tête de la société Vital Mechanics qui a vendu une licence de son logiciel au studio Image Engine Design (Les animaux fantastiques) dont la spécialité n’est autre que les effets spéciaux.

Au-delà du cinéma, Dinesh Pai espère que cette sorte de peau numérique puisse à l’avenir être utilisée dans d’autres disciplines et se montre curieux sur l’imagination dont pourraient faire preuve les designers.

Sources : MotherboardLe Point