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Chute spectaculaire des niveaux de pollution dans le nord de l’Inde

Crédits : Joshua Stevens / Observatoire de la Terre de la NASA

Depuis la mise en place des mesures de confinement en Inde, les niveaux d’aérosols atmosphériques ont considérablement chuté. En témoignent de nouvelles cartes publiées par la Nasa.

Début mars, des images satellites publiées par la Nasa avaient témoigné d’une baisse de la pollution en Chine depuis le début de l’épidémie. Il y a quelques semaines, de nouvelles données recueillies par l’ESA nous avaient également permis d’apprécier le même constat au-dessus de plusieurs grandes villes d’Europe. Aujourd’hui, place au sous-continent indien.

Depuis la mise en place d’un confinement strict dans le pays le 24 mars dernier, la majorité des usines sont à l’arrêt. Le nombre de voitures s’aventurant dans les rues a aussi considérablement diminué, tout comme le nombre d’avions dans les airs. Et depuis le ciel, ça se voit !

Dans le nord, on respire enfin

Avec une diminution aussi rapide et drastique des activités humaines, les satellites de la NASA ont en effet détecté les niveaux d’aérosols atmosphériques les plus bas en 20 ans dans le nord de l’Inde. Et plus précisément dans la plaine indo-gangétique, l’une des zones les plus densément peuplées (et polluées) au monde, où se regroupent notamment les mégalopoles New Delhi, Lucknow et Calcutta.

« Nous nous attendions à des changements dans la composition atmosphérique à de nombreux endroits pendant la période de confinement, mais pas autant, explique Pawan Gupta, du Marshall Space Flight Center de la NASA à Huntsville, en Alabama (États-Unis). Je n’avais encore jamais vu des niveaux d’aérosols aussi bas dans la plaine indo-gangétique à cette époque de l’année ».

Les cartes ci-dessous, disponibles grâce au satellite américain Terra, témoignent de cette amélioration de la qualité de l’air. Ces images comparent les différences de niveaux de pollution atmosphérique planant au-dessus du pays entre le 31 mars et le 5 avril des années 2016 à 2020. Comme on peut le constater sur la dernière carte, la baisse enregistrée cette année est significative.

Inde
Crédits : Joshua Stevens / Observatoire de la Terre de la NASA / Terra / MODIS / Pawan Gupta / USRA

Une fenêtre d’opportunités

Ces aérosols atmosphériques d’origine humaine, rejetés par les moteurs de véhicules et par de nombreuses usines, contribuent énormément à la pollution de l’air en Inde, en particulier dans les zones urbaines. Plus petites que celles d’origine naturelle provenant des tempêtes de poussière ou des incendies de forêts, ces particules intègrent également plus facilement l’appareil respiratoire.

Robert Levy, chef de programme MODIS de la NASA, compte bien profiter de cette accalmie pour affiner ses recherches. « Nous avons une opportunité unique d’apprendre comment l’atmosphère réagit aux réductions brusques et soudaines des émissions de certains secteurs, a-t-il déclaré. Cela peut nous aider à distinguer comment les sources naturelles et humaines d’aérosols affectent l’atmosphère ».

Pour rappel, il est prévu que l’Inde reste confinée jusqu’au 3 mai prochain. À ce jour, 20,471 cas de Covid-19 et 652 décès associés ont été officiellement recensés dans le pays aux 1,3 milliards d’habitants, selon les données de l’Université John Hopkins. Ces chiffres, cependant, pourraient être largement sous-estimés.

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