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Chine : une solution révolutionnaire aux maladies génétiques ?

Des chercheurs universitaires ont utilisé la correction d’ADN sur des embryons pour modifier des mutations causant deux différentes anémies. Cette méthode n’est autre qu’un genre de ciseaux génétiques.

La méthode d’édition du génome utilisée par les chercheurs de l’Université de médecine de Canton (Chine) porte le nom de CRISPR-Cas9. Selon une publication récente dans la revue Molecular Genetics and Genomics, les scientifiques sont parvenus à annihiler les mutations génétiques sources de deux anémies : le favisme ainsi que la thalassémie bêta. Pour ce faire, une protéine a été injectée dans plusieurs embryons.

Cette méthode CRIPSPR-Cas9 permet de « couper » une partie de l’ADN afin de remplacer les gènes indésirables par d’autres ou encore les modifier. Grâce à ce procédé, les chercheurs ont pu corriger la mutation G6PD causant le favisme ainsi que la mutation HBB relative à la thalassémie bêta. Cette modification a été faite sur des embryons encore au stade de zygote, c’est-à-dire au stade de la cellule unique résultant d’une fécondation (non divisée). Il faut également savoir que ces zygotes ont été supprimés après deux jours d’expérience.

Une telle manipulation pose néanmoins des questions éthiques et entre plus ou moins en conflit avec la convention d’Oviedo de 1997, ratifiée par 29 pays et par le Conseil de l’Europe. Ce texte « interdit la constitution d’embryons humains aux fins de recherche, et, dans les pays où la recherche sur les embryons in vitro est admise par la loi, celle-ci doit assurer une protection adéquate de l’embryon. »

La Chine est devenue un acteur majeur du développement de la méthode CRISPR-Cas9, sur laquelle sont fondés de grands espoirs. Déjà en 2015, ce pays l’avait expérimenté deux fois sur des embryons humains, selon une autre publication cette fois parue dans la revue Nature. En fin d’années 2016, des chercheurs de l’université du Sichuan avaient également utilisé le CRISPR-Cas9 dans une tentative de guérison du cancer du poumon chez un être humain.

Selon une publication du Journal du CNRS, cette technique ne concernerait d’ailleurs pas seulement l’édition du génome, mais ouvrirait également des opportunités en ce qui concerne l’étude du cerveau.

Sources : La TribuneCNRS