La Chine déjà sur le retour avec ses échantillons de la face cachée de la Lune

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L'atterrisseur lunaire chinois Chang'e 6 a pris cette vue de la surface de la face cachée de la Lune lors de son approche d'alunissage le 2 juin 2024. Crédits : CCTV+

La mission lunaire Chang’e-6 de la Chine a récemment marqué une étape historique en réussissant un atterrissage sur la face cachée de la Lune, une région encore largement inexplorée. Dès son arrivée, la mission a commencé à rassembler des échantillons destinés à être envoyés sur Terre, consolidant ainsi la position de la Chine en tant qu’acteur majeur de l’exploration spatiale. La sonde est déjà sur le chemin du retour.

Un processus d’atterrissage complexe

La descente, qui a commencé à une altitude de seize kilomètres de la surface lunaire, a duré environ 900 secondes, le temps pour l’atterrisseur d’effectuer quelques manœuvres. Un système autonome d’évitement visuel d’obstacles a notamment permis de détecter les obstacles et de sélectionner une zone d’alunissage sûre. En arrivant à moins de deux ou trois kilomètres de la surface, la sonde est alors entrée dans sa phase d’approche et ses capteurs optiques ont scanné la zone d’atterrissage à la recherche d’obstacles.

Lors de la phase de vol stationnaire, les capteurs ont ensuite continué à analyser la surface pour choisir un endroit approprié pour atterrir. Enfin, à une altitude de moins de trente mètres, la vitesse de descente de la sonde a été réduite à deux mètres par seconde, permettant un alunissage en douceur.

Le véhicule a finalement touché le sol dans le bassin Pôle Sud-Aitken (SPA), plus précisément dans un cratère d’impact connu sous le nom de bassin Apollo. L’ensemble du processus a été facilité par le satellite relais Queqiao-2, récemment positionné pour assurer une communication stable avec les contrôleurs de mission sur Terre.

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L’atterrisseur lunaire chinois Chang’e 6 sur la surface de la Lune peu après son alunissage, vu par le Centre de contrôle aérospatial de Pékin (BACC), le 2 juin 2024. Crédits : Administration spatiale nationale chinoise (CNSA)

Échantillonnage sur la Lune et retour sur Terre

La mission Chang’e-6 visait à collecter des échantillons dans le but de les rapporter sur Terre. Pour ce faire, l’atterrisseur disposait d’une perceuse pour prélever des échantillons souterrains et d’un bras robotique pour capturer des échantillons de surface.

Au total, environ 2,2 kg de roches et d’échantillons auraient été collectés. Chang’e 6 est ensuite repartie cette nuit (1h40 du matin heure française) en direction de notre planète. Le retour est prévu le 25 juin prochain. Les échantillons seront ensuite transportés vers un laboratoire de Pékin pour examen. Ils devraient alors fournir des données scientifiques uniques en raison de l’histoire géologique plus ancienne de la région. Les opérations ont déjà commencé sur place. « C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que des échantillons lunaires sont récupérés de la face cachée de la Lune« , a déclaré Ye Peijian, de l’Académie chinoise des sciences.

Chang’e-6 transportait également plusieurs instruments scientifiques pour faciliter la recherche, notamment une caméra pour capturer des images haute définition des zones d’atterrissage et d’échantillonnage, un instrument d’analyse spectrale des minéraux et un détecteur de structure pour analyser le sol sous la surface de la Lune. La mission comprenait également plusieurs charges utiles internationales, dont un détecteur français de radon, un analyseur d’ions négatifs développé par l’Agence spatiale européenne (ESA) et un réflecteur d’angle laser italien.