La Chine va rapporter des échantillons de la face cachée de la Lune

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Le rover Yutu 2 sur la Lune. Crédit : CNSA/CLEP

La Chine lancera l’année prochaine sa seconde campagne de retour d’échantillons lunaires dans le cadre de sa mission Chang’e-6. Cette fois, l’objectif est de collecter de la matière sur la face cachée de notre satellite.

Des prochains échantillons lunaires

Chang’e-5 avait déjà marqué les esprits. Et pour cause, il s’agissait de la première mission chinoise visant à rapporter sur Terre des échantillons lunaires.

Le vaisseau a été lancé le 23 novembre 2020 depuis le Centre de lancement spatial de Wenchang. Après un voyage d’environ 6 jours, la sonde était entrée en orbite lunaire, puis le module d’atterrissage s’était séparé pour descendre et atterrir en toute sécurité sur la surface lunaire. Une fois sur place, le module avait alors utilisé un bras robotique pour collecter des échantillons dans la région de Mons Rümker et près de l’océan des Tempêtes.

L’analyse de ces échantillons (1,731 kg de roches) qui ont été rapportés sur Terre le 17 décembre 2020 aura fourni aux scientifiques une occasion précieuse d’étudier la composition et l’histoire géologique de la Lune. On avait notamment appris que ces matériaux étaient beaucoup plus jeunes que les échantillons d’Apollo.

Cela étant dit, la Chine aimerait désormais prélever des échantillons situés sur la face cachée de la Lune où évolue actuellement le rover Yutu 2 depuis 2019.

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Une illustration du véhicule d’ascension de la mission Chang’e-5 décollant de la surface lunaire. Crédits : Administration spatiale nationale chinoise

Une mission de 53 jours

Le vaisseau spatial, composé de quatre véhicules, aura une masse d’un peu plus de huit tonnes. Il sera lancé au sommet d’une fusée Longue Marche 5 depuis le port spatial côtier de Wenchang. L’atterrissage est prévu dans la partie sud du cratère Apollo, dans le bassin Pôle Sud-Aitken. Le site pourrait nous offrir des matériaux remontés du manteau lunaire, dont la composition interroge toujours.

L’objectif serait de récupérer environ deux kilos d’échantillons  qui seraient à la fois collectés en surface et par une foreuse. Ils seront ensuite remis dans le module de service en orbite lunaire, puis il reviendra sur Terre un peu moins de deux mois après le décollage.

Les échantillons collectés seront dans un premier temps disponibles pour les institutions chinoises avant d’être ouverts aux propositions internationales. Pour rappel, le matériel Chang’e-5 n’a été proposé qu’aux scientifiques du reste du monde seulement le mois dernier, près de trois ans après le retour du vaisseau.

Notez également que Chang’e-6 transportera plusieurs charges utiles, dont une qui est fournie par la France. Cet instrument nommé DORN sera chargé de détecter les dégazages de radon de la croûte lunaire.

Besoin d’un relais

Pour appel, la mission Chang’e-5 n’avait duré que 22 jours, entre le lancement et la livraison des échantillons sur Terre. Chang’e-6 sera en revanche une mission un peu plus complexe en raison de la nécessité du satellite Queqiao-2. Ce dernier servira de relais de communication entre les équipes au sol et la face cachée de la Lune. Chang’e-5 pouvait de son côté communiquer directement avec la Terre.

Le premier satellite Queqiao avait déjà permis de soutenir la mission Chang’e-4, qui aura marqué le premier atterrissage en douceur sur la face cachée de la Lune. Queqiao-2 entrera de son côté sur une orbite rétrograde lointaine plutôt que sur l’orbite de halo plus stable en position autour du point de Lagrange Terre-Lune L2 utilisé par le premier.

Chang’e-6 sera lancée suite au déploiement de ce nouveau satellite prévu au premier semestre de l’année prochaine, a annoncé l’Administration spatiale nationale de Chine (CNSA) le 29 septembre.