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La Chine se hisse à la première place dans les articles scientifiques les plus cités

Crédits : jarmoluk/Pixabay

Selon un institut japonais de politique scientifique, la Chine a pour la première fois légèrement devancé les États-Unis dans le nombre d’articles scientifiques les plus cités. Cette étape importante fournit une nouvelle preuve que l’érudition chinoise ne produit pas seulement des études en grande quantité : ces articles sont également suffisamment qualitatifs pour inspirer.

Il n’a échappé à personne que la Chine a fait d’énormes progrès dans le domaine scientifique au cours de ces dernières années. En 2016, le pays s’est d’ailleurs illustré en dépassant pour la première fois les États-Unis dans le classement du nombre d’articles publiés. La Chine n’avait cependant pas été épargnée par les critiques, de nombreux chercheurs pointant du doigt les politiques (en cours de suppression progressive) qui offraient des récompenses aux auteurs en fonction du nombre d’articles publiés. Une étude récente démontre néanmoins que la Chine s’améliore également dans le domaine de la science de pointe citée par d’autres chercheurs.

Les chercheurs chinois de plus en plus influents

Dans les revues scientifiques à comité de lecture, les études publiées font souvent référence à d’autres études ou articles écrits par d’autres chercheurs. Jusqu’à présent, les scientifiques américains étaient toujours les plus cités. Un nouveau rapport de l’Institut national japonais de la politique scientifique et technologique (NISTEP) montre que la Chine est passée devant de pas grand-chose.

Pour ces travaux, les chercheurs se sont concentrés sur les 1% des meilleurs articles en termes de citations. Cependant, de nombreux articles de ce type impliquent des auteurs originaires de plusieurs pays, ce qui complique l’analyse. Pour opérer, le NISTEP a donc utilisé une méthode appelée « comptage fractionnaire » pour diviser le crédit par pays en fonction des auteurs. Si une institution française et trois espagnoles contribuaient à un article, la France recevait par exemple 25 % du crédit et l’Espagne 75 %.

En utilisant cette mesure, la Chine représentait 27,2 % des articles les plus cités publiés en 2018, 2019 et 2020. Les États-Unis se plaçaient derrière avec 24,9 % des articles, suivis par le Royaume-Uni (5,5 %). Il s’agit d’une progression remarquable pour la Chine. À titre de comparaison, le pays ne se classait qu’au treizième rang des articles les plus cités (avec la méthode de comptage fractionnaire) il y a une vingtaine année.

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Crédits : Coyote

Une bataille à distance

D’autres méthodes de mesures placent cependant encore les États-Unis devant. Certains chercheurs soulignent en effet un problème de taille avec les rapports tels que celui du NISTEP. En comptant le nombre d’articles très cités, ces derniers favorisent en effet les grands pays et ceux qui dépensent plus dans le domaine de la recherche, tout comme les grands pays ont tendance à faire mieux dans le classement olympique.

Récemment, la Nationale Science Fondation (NSF) a quant à elle utilisé une autre méthode permettant des comparaisons entre les pays, quelle que soit la quantité de publications. Selon cette approche, plusieurs pays, dont le Canada et le Royaume-Uni qui publient globalement moins d’articles, se sont classés devant les États-Unis et la Chine.

L’impact des publications n’est qu’une mesure parmi d’autres, mais les États-Unis et la Chine dominent globalement le domaine scientifique. Les Américains sont par exemple toujours en tête pour d’autres indicateurs, tels que les dépenses de recherche et le nombre de doctorats décernés, tandis que les Chinois déposent le plus de brevets.