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La Chine essuie la pire vague de chaleur de son histoire

Crédits : Zuper_Dragon/Pixabay

La Chine est actuellement aux prises avec l’une des pires vagues de chaleur de son histoire. C’est également l’une des plus longues jamais vues dans le monde. Les fleuves du pays sont en train de se vider et plusieurs milliers d’usines qui dépendent de l’eau pour la production de leur énergie ferment leurs portes. Certaines provinces tentent donc de contrer les effets de la sécheresse en ensemençant les nuages dans le but de générer des précipitations.

Des températures record et des incendies de forêt vicieux ont récemment balayé l’Europe occidentale et le Royaume-Uni dans ce qui pourrait être l’une des vagues de chaleur les plus extrêmes jamais enregistrées dans la région. Cependant, le Vieux Continent n’est pas le seul touché. Il y a plusieurs semaines, l’Amérique du Nord a également souffert, tout comme la Chine qui étouffe toujours aujourd’hui.

Selon l’Organisation mondiale de métrologie (OMM), au 14 août dernier, la vague de chaleur qui frappe actuellement le pays avait duré soixante-trois jours, dépassant le précédent record de soixante-deux jours en 2013 depuis le début des relevés en 1961. Onze jours plus tard, les températures n’ont pas encore baissé, certaines municipalités enregistrant des températures parfois supérieures à 45°C.

La semaine dernière, un tiers des six cents stations météorologiques le long du fleuve Yangtze, le plus long d’Asie, ont également enregistré leurs températures les plus élevées, beaucoup dépassant la barre des 40°C. En conséquence, le fleuve, qui fournit de l’eau à des centaines de millions de personnes, s’est asséché. Le Dongting et le Poyang, deux lacs majeurs de son bassin, sont également tombés à leur plus bas niveau jamais enregistré.

Des conséquences à venir

Les précipitations auraient diminué de 45% par rapport à la moyenne en Chine à cette époque. Ce manque d’eau pourrait considérablement altérer les récoltes de riz, de céréales et d’autres cultures à l’automne dans le bassin du Yangtze. De faibles rendements auront inévitablement un impact sur les prix des denrées alimentaires dans le reste du monde.

Ce ne sont pas les seules conséquences à venir. Certaines provinces chinoises comme le Sichuan dépendent en effet des barrages hydroélectriques pour la production de leur énergie. La sécheresse ayant vidé les réservoirs d’eau, des milliers d’usines ont été contraintes de fermer temporairement leurs portes et de cesser leur production il y a quelques jours. Or, ce sont dans ces usines que sont fabriquées une grande partie des puces informatiques, panneaux solaires et autres véhicules.

Certains ensemencent les nuages

En conséquence, de nombreuses provinces cherchent à lutter contre la sécheresse au moyen d’opérations d’ensemencement des nuages. Les techniques ​​peuvent varier, mais le processus consiste généralement à ensemencer le ciel avec de l’iodure d’argent ou d’autres particules cristallines qui ont une structure comparable à la glace. Les gouttelettes d’eau se rassemblent autour de ces cristaux dans l’atmosphère, augmentant ainsi les risques de précipitations.

Ce n’est évidemment pas la première fois que la Chine s’adonne à de telles manœuvres. L’année dernière, Pékin avait notamment usé de cette technique pour s’assurer que les célébrations du centenaire communiste chinois soient opérées sous un ciel bleu. Les Jeux olympiques d’été de 2008 en avaient également profité.