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La Chine envisage des parachutes pour contrôler ses retours de fusées

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Crédits : Hua Jiajun / VCG

Les chutes de débris de fusées chinoises inquiètent de nombreux spécialistes occidentaux qui jugent potentiellement dangereux le retour de ces lanceurs susceptibles de toucher des populations humaines. Au cours de ces dernières années, certains débris ont effectivement représenté un vrai danger. En réponse, la Chine finalise les tests d’un système de parachute permettant de contrôler ces retours.

Le retour sur Terre des étages de fusée peut être contrôlé de différentes manières. Dans le cas des fusées réutilisables, comme le lanceur Falcon 9 de SpaceX, les étages sont équipés de moteurs-fusées et de systèmes de guidage pour leur permettre de revenir en toute sécurité sur Terre ou sur une plate-forme de récupération en mer. Pour les autres, les étages de fusée séparés de leur charge utile brûlent une partie de leur carburant de manière à contrôler autant que faire se peut la rentrée atmosphérique, le but étant de finir en mer, loin des habitations humaines.

Le problème des fusées chinoises est qu’elles n’embarquent pas le carburant nécessaire pour permettre ces retours contrôlés. En conséquence, on ignore où ces débris pourraient retomber. Il y a quelques mois, les restes d’une fusée Longue marche 5 avaient par exemple été retrouvés au sol en Asie du Sud-Est, heureusement sans faire de victimes.

Des voiles et parachutes

Dans le but de répondre à ces menaces, la Chine ne reste pas sans rien faire. Depuis quelques mois, des ingénieurs testent l’efficacité d’une voile qui, attachée à des fusées, permet d’accélérer le processus de désorbitation. En revanche, savoir si la Chine pourra vraiment contrôler l’endroit où ces restes pourraient tomber afin d’éviter les zones peuplées n’est pour l’heure encore pas clair.

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Crédits : Liu Huaiyu

Plus récemment, la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC), qui fabrique les fusées Longue Marche du pays, s’est focalisée sur la conception de parachutes et de sous-systèmes associés permettant de rendre ces retours moins dangereux. De premiers tests grandeur nature seront opérés dans le but de récupérer les propulseurs latéraux attachés aux fusées chinoises Longue Marche 3B, 3C et 2F. À terme, l’entreprise envisage également de récupérer les carénages de charge utile.

Cette approche vise également un autre objectif : la réutilisation de ces boosters. L’idée serait en effet de guider le retour de ces fusées dans des zones bien spécifiques transformées en « lits d’atterrissage aussi doux que des matelas« , précise Teng Haishan, l’un des ingénieurs. Selon lui, un tel système de récupération pourrait faire économiser environ 1,7 milliard de yuans (environ 229 millions d’euros) à l’entreprise chaque année.