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La Chine est officiellement débarrassée du paludisme

virus laboratoire
Crédits : jarmoluk/Pixabay

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré mercredi la Chine débarrassée du paludisme après une campagne de sept décennies contre la maladie. L’éradication du paludisme dans le pays le plus peuplé du monde offre des leçons sur la façon dont des traitements innovants et un suivi agressif peuvent contrôler la maladie.

Le paludisme est une maladie infectieuse due à plusieurs espèces de parasites appartenant au genre Plasmodium transmis à l’Homme par les femelles moustiques infectées de l’espèce Anopheles. L’OMS recense actuellement plus de 200 millions de cas dans le monde chaque année et plus de 400 000 décès, principalement les zones tropicales défavorisées d’Afrique (94% des cas en 2019), d’Asie et d’Amérique Latine. De plus, la plupart des victimes sont des enfants. La bonne nouvelle, c’est que le paludisme ne sévit plus en Chine après soixante-dix ans de lutte acharnée contre la maladie.

« Aujourd’hui, nous félicitons le peuple chinois d’avoir débarrassé le pays du paludisme« , a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, dans un communiqué. « Leur succès a été durement gagné et n’est intervenu qu’après des décennies d’action ciblée et soutenue« , a-t-il ajouté. « Avec cette annonce, la Chine rejoint le nombre croissant de pays qui montrent au monde qu’un avenir sans paludisme est un objectif viable« .

Soixante-dix ans de lutte contre le paludisme en Chine

La Chine a entamé ses efforts de lutte contre le paludisme dès les années 50. À l’époque, le pays recensait environ trente millions de cas chaque année avec un taux de mortalité de 1%. Mao Zedong, le responsable en place, prit alors le problème à bras le corps et développa un projet militaire secret, le Projet 523, pour trouver une solution.

C’est dans le cadre de ce projet que le Dr Tu Youyou a découvert l’artémisinine, le composé de base du médicament antipaludique le plus efficace aujourd’hui. Le chercheur a d’ailleurs été hautement récompensé par un Nobel en 2015 pour ces travaux.

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Youyou Tu reçoit le prix Lasker en 2011. Crédits : Wang Chengyun

La Chine a commencé à déployer des moustiquaires imprégnées d’insecticide à base d’artémisinine dès les années 80. En 1988, plus de 2,4 millions de ces moyens de protection avaient été distribués dans tout le pays, selon le Times. À la fin de 1990, le nombre de cas de paludisme en Chine était tombé à 117 000 et le nombre de décès avait été réduit de 95 %.

Un plan agressif et efficace

Au début des années 2000, la Chine a continué sa lutte contre la maladie en renforçant ses effectifs, ses équipements de laboratoire et ses médicaments. Puis, en 2010, le gouvernement a lancé un plan radical d’élimination du paludisme impliquant les ministères de la Santé, de la Police, de l’Armée et du Tourisme. Ensemble, ils ont développé la stratégie « 1-3-7 ».

Concrètement, cette stratégie donnait un jour aux établissements de santé pour signaler un cas de paludisme. Les autorités sanitaires devaient confirmer le cas et déterminer le risque de propagation durant les trois jours suivants. Enfin, un délai de sept jours était accordé pour prendre les mesures permettant d’endiguer le risque de propagation.

Cette stratégie s’est avérée utile dans le sud-ouest de la province du Yunnan, qui concentrait quasiment tous les cas de paludisme. La région n’a en effet signalé aucun cas depuis 2017. En mai dernier, des membres du Panel indépendant de certification pour l’élimination du paludisme de l’OMS se sont rendus sur place pour constater officiellement l’éradication de la maladie dans le pays.