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La Chine construit une nouvelle fusée pour emmener des Hommes sur la Lune

Crédits : China aerospace

Troisième puissance spatiale à avoir envoyé un Homme dans l’espace, la Chine aimerait faire de notre satellite son nouveau terrain de jeu. Dans cet esprit, le pays travaille actuellement sur le développement d’une nouvelle fusée capable d’emmener ses taïkonautes sur la Lune.

La Chine a fait d’énormes progrès dans le domaine spatial au cours de ces dernières années. Plus récemment, l’Agence nationale spatiale chinoise (CNSA) s’est illustrée en déposant avec un succès un rover “de l’autre côté” de la Lune. Du jamais vu. Le 28 juillet, la Chine lançait également sa mission Tianwen-1, direction Mars. Pour rappel, il est prévu de placer un orbiteur autour de la planète et de déployer un rover en surface. Une première pour l’agence spatiale chinoise. Sans oublier sa future station – Tiangong – qui succédera bientôt à l’ISS.

Objectif Lune

Ceci dit, la Chine a une ambition plus grande encore : celle se poser des Hommes sur la Lune. Dans cet esprit, la CNSA présentait il y a deux ans un nouveau projet de lanceur super lourd : le Longue Marche 9, développé spécifiquement pour lancer des missions avec équipage vers notre satellite. Récemment, la Chine a décidé de changer ses plans, se focalisant sur le développement d’une autre fusée. L’annonce a été faite lors de la conférence spatiale chinoise tenue le 18 septembre dernier à Fuzhou, dans l’est du pays.

La fusée, qui n’a pas encore été nommée, mesurera 87 mètres de haut. Elle sera capable d’envoyer un vaisseau spatial de 27,6 tonnes en orbite trans-lunaire. Sa masse au décollage sera d’environ 2200 tonnes, soit près du triple de la plus grande fusée chinoise actuelle, la Longue Marche 5. Il se composera également de trois noyaux de cinq mètres de diamètre chacun, dans un style similaire aux deux lanceurs lourds américains : le Delta IV Heavy de United Launch Alliance, et le Falcon Heavy de SpaceX.

Enfin, ce lanceur devrait normalement s’appuyer sur des moteurs YF-100K, qui brûle de l’oxygène liquide et du kérosène, actuellement développés pour le Longue Marche 5. Peu d’informations supplémentaires ont en revanche été communiquées. Nous savons simplement que cette fusée est en cours de conception à la China Academy of Launch Vehicle Technology (CALT) de Pékin. Aucun vol d’essai n’a pour l’heure été annoncé.

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Une maquette du nouveau lanceur de vols spatiaux habités exposé à Zhuhai en 2018. Crédits : CASC

Des Chinois sur la Lune dès 2030 ?

Concernant ce programme lunaire, là encore, les informations sont encore un peu floues. La Chine avait déjà annoncé en 2016 son intention de vouloir envoyer un Homme sur la Lune d’ici 2036. Plus récemment, le pays avait également suggéré l’idée d’installer une station permanente sur la Lune dès 2030. Néanmoins, la CNSA reste aujourd’hui confrontée à des défis majeurs. Zhou Yanfei, concepteur général adjoint du programme de vols habités de la Chine, en convient :

«Nous manquons encore de capacité de survie dans des circonstances extraterrestres», a-t-il admis à des médias chinois. «Nous n’avons pas encore d’expérience dans ce domaine. Nous n’avons pas non plus de capacité de soutien au sol. Jusqu’à présent, nos missions d’exploration spatiale en équipage se sont concentrées sur des tâches en orbite terrestre basse».

Le projet est en effet sacrément ambitieux. En cas de succès, la Chine pourrait alors devenir le deuxième pays à envoyer des Hommes sur la Lune. Pour rappel, à ce jour, seuls les États-Unis ont été capables de le faire. Les Soviétiques s’y sont essayés, mais sans succès.