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Pourquoi le prochain atterrissage lunaire de la Chine sera plus compliqué

Crédits : CNSA/CLEP

La Chine développe actuellement plusieurs engins spatiaux visant à chercher de la glace d’eau au pôle sud lunaire dans le cadre de la mission Chang’e 7, qui doit être lancée en 2024. Cependant, se poser dans la région ne sera pas si simple. En cause, le nombre important de cratères et, de facto, le manque de plaines d’atterrissage.

Le programme d’exploration lunaire chinois se décompose en quatre phases principales. La première consistait à simplement atteindre l’orbite lunaire dans le cadre des missions Chang’e 1 et Chang’e 2 en 2007 et 2010. La seconde visait à se poser et se déplacer sur la Lune dans le cadre des missions Chang’e 3 en 2013 et Chang’e 4 en 2019. Le troisième volet prévoyait de récolter des échantillons. Là encore, la mission Chang’e 5 (2020/2021) fut un énorme succès. Une seconde mission de retour d’échantillons est également prévue avec Chang’e 6.

La quatrième phase consiste à développer une station de recherche robotique près du pôle sud de la Lune. La présence de glace d’eau dans la région a en effet été confirmée en 2018 au fond de plusieurs cratères ombragés en permanence. L’espoir de pouvoir transformer et utiliser cette eau pour approvisionner les astronautes et les fusées à carburant est un facteur majeur des différents projets en cours. Citons celui de la Chine, évidemment, mais également celui de la NASA avec le programme Artemis.

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Le rover chinois Yutu 2, actuellement sur la « face cachée » de la lune. Crédits : Agence spatiale nationale chinoise

Atterrissage risqué à venir

Le premier volet de cette nouvelle phase commencera avec la mission Chang’e 7. Dans le cadre de ce projet, la Chine développe un ensemble de cinq engins spatiaux : un orbiteur, un satellite relais, un atterrisseur, un rover et un « mini engin volant » capable d’inspecter les cratères voisins à la recherche de traces de glace d’eau. Un appel concurrentiel aux instituts chinois pour développer les différentes charges utiles a donc été lancé.

Cependant, se poser au pôle sud de la lune posera des défis à la Chine. Chang’e 7 nécessitera en effet une « haute précision d’atterrissage, car il n’y a pas beaucoup de plaines au pôle sud« , a déclaré Wu Weiren, concepteur en chef du programme d’exploration lunaire de la Chine. « Après notre analyse préliminaire, probablement seulement un dixième de la zone peut être utilisé comme point d’atterrissage. Par conséquent, se poser pourrait être assez difficile ». Naturellement, tous les atterrissages sont risqués par nature sur la Lune, mais celui-ci pourrait l’être encore plus.

Si cette mission réussit, Chang’e 8 testera ensuite plusieurs technologies sur place, telles que l’utilisation des ressources in situ, l’extraction d’oxygène et l’impression 3D sur la Lune en vue de l’établissement d’une future base lunaire.

Rappelons également que la mission américaine Artemis 1, qui doit être lancée dans quelques mois, transportera dans ses bagages un instrument chargé lui aussi de détecter la présence de glace d’eau dans les cratères ombragés en permanence près des pôles lunaires.