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La Chine construit un nouveau navire pour les lancements en mer vers l’espace

Une fusée Longue Marche 11 décolle en mer. Crédits : SCI News

La Chine construit un navire dédié aux tirs de fusées dans l’espace depuis les mers et océans dans le but d’augmenter sa capacité de lancements de satellites et de récupération des premiers étages. Le bâtiment devrait être opérationnel en 2022.

Pourquoi décoller depuis la mer ?

La Chine propose actuellement quatre bases de lancement réparties sur son territoire. Toutefois, à terme, le pays compte également s’appuyer sur des plateformes maritimes, et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, un positionnement plus flexible du site permet de choisir une trajectoire qui ne survole pas d’autres pays. En outre, cette approche garantit également que les premiers étages des fusées ne retombent pas sur la terre, menaçant potentiellement des zones habitées. Enfin, une plateforme mobile permet des lancements au plus près de l’équateur où la vitesse de rotation de la Terre est la plus élevée. De cette manière, vous réduisez ainsi les besoins en carburant pour atteindre l’espace.

La Chine a déjà opéré de cette manière une première fois en juin 2019 avec le lancement de sept satellites avec un lanceur Longue Marche 11 depuis la mer Jaune. Un second lancement en mer avait ensuite été tenté en septembre 2020, permettant cette fois la libération de neuf satellites dans l’espace. Ces missions ont fait de la Chine le troisième pays à effectuer des lancements en mer, après les États-Unis et Russie.

Un nouveau navire dédié

Le pays cherche désormais à dynamiser cette approche. Pour s’en donner les moyens, un nouveau navire est actuellement en construction selon Space.com. Le bâtiment devrait mesurer environ 162,5 mètres de long pour quarante mètres de large.

Le nouveau navire, qui devrait entrer en service en 2022, sera déployé au large du China Oriental Spaceport à Haiyang, dans la province du Shandong, sur la côte est. Rappelons que le China Oriental Seaport est dirigé par la China Academy of Launch Vehicle Technology (CALT), le principal fabricant de fusées national chinois. La base de Haiyang aura également la capacité d’assembler une vingtaine de fusées à poudre par an.

Le navire sera donc doté d’un équipement de support de lancement intégré pour faciliter les lancements de la Longue Marche 11, des microlanceurs Jielong-1 et, à l’avenir, ceux de fusées à propergol liquide. À terme, il pourrait également être utilisé pour la réception des premiers étages à la manière de SpaceX avec ses trois barges de récupérations des premiers étages des fusées Falcon 9 et Falcon Heavy.

En attendant, la Chine poursuit sa cadence « infernale » de lancements depuis le sol terrestre avec pas moins de 41 tirs réalisés jusqu’à présent en 2021. Il s’agit d’un nouveau record national au cours d’une année civile. Le pays devance les États-Unis qui comptent à ce jour 39 lancements, dont ceux SpaceX et de Rocket Lab depuis la Nouvelle-Zélande.