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En route vers la Lune, la Chine vise à ramener des échantillons

Crédits : All About Space / Future

La Chine vient de lancer avec succès l’une de ses missions les plus audacieuses, visant à ramener sur Terre les premiers nouveaux échantillons lunaires depuis plus de quarante ans.

Collecter et ramener sur Terre des échantillons lunaires, seul le programme américain Apollo (1969 à 1972) et la mission soviétique Luna 16 (1970) y sont arrivés. Pendant des décennies, les géologues planétaires ont ainsi pu étudier ces morceaux de roche, accédant à toute une mine d’informations, tel que l’âge de notre satellite et son passé volcanique il y a trois milliards d’années. Ils ont aussi pu nous donner un aperçu de la turbulence de notre système solaire.

Notez que tous ces échantillons n’ont pas été ouverts à l’époque. Certaines roches recueillies au cours des missions Apollo 15 (1971) et Apollo 17 (1972) ont en effet été mises de côté par la NASA dans le but de pouvoir les analyser “plus tard”, lorsque nous serions dotés d’une meilleure instrumentation.

La Chine en route vers la Lune

Ceci dit, personne n’a collecté de nouvelles roches lunaires depuis plus de quarante ans. Ce sera bientôt de l’histoire ancienne. La CNSA – l’agence spatiale chinoise – compte en effet ramener sur Terre environ deux kilos d’échantillons dans le cadre de sa mission Chang’e 5.

Dans cet esprit, la sonde, coiffée au sommet du lanceur Longue Marche 5, a été lancée avec succès ce lundi soir à 21h31 (heure française) depuis la base spatiale de Wenchang, sur les côtes de la province insulaire méridionale de Hainan, en Chine.

Retour prévu à la mi-décembre

La phase de transit vers la Lune doit normalement durer cinq jours, après quoi la sonde se placera en orbite. Une fois insérée, celle-ci lâchera un atterrisseur et un module de remontée qui viendront se poser sur le Mons Rümker. Il s’agit d’un massif montagneux s’élevant à près de 1 100 mètres d’altitude dans la partie nord-ouest de l’océan des Tempêtes.

Les sondes Luna 9, Luna 13, Surveyor 1 et Surveyor 3 se sont déjà posées dans cet “océan”, tout comme l’expédition humaine Apollo 12. En revanche, le Mons Rümker reste une zone inexplorée. Tout ce que nous savons, c’est que l’environnement est tapissé de roches volcaniques relativement jeunes (moins de trois milliards d’années). L’analyse de ces matériaux pourrait ainsi fournir de nouvelles informations sur l’activité volcanique passée de la Lune.

Dès lors, l’atterrisseur se chargera de forer à deux mètres de profondeur pour prélever des échantillons. Il n’aura qu’un seul jour lunaire – l’équivalent de 14 jours terrestres – pour le faire. En effet, les instruments ne pourront pas opérer pendant la nuit lunaire à cause des températures extrêmement froides qui pourraient endommager l’électronique du vaisseau.

Une fois cette opération terminée, le module décollera dans le but de rejoindre l’orbiteur et lui remettre les roches. Enfin, l’orbiteur entamera le trajet de retour vers la Terre environ six jours plus tard. Il doit normalement larguer son “butin” en Mongolie-Intérieure vers la mi-décembre.