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La Chine collectera des échantillons de l’autre côté de la Lune en 2024

Crédits : CASC

Premier pays à se poser avec succès sur la face cachée de la Lune, la Chine pourrait également être le premier à en ramener des échantillons. Les opérations se feront dans le cadre de la mission Chang’e 6 à laquelle participera la France.

Une mission ambitieuse pour la Chine

L’administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a récemment défini les principaux efforts spatiaux du pays pour la période 2021-2025 lors d’une conférence de presse tenue le 12 juin. Dans le cadre de l’exploration lunaire à venir, la Chine concentrera en partie ses efforts sur la mission de retour d’échantillons Chang’e-6.

Le pays, qui vient de ramener les premiers échantillons lunaires en quarante ans dans le cadre de sa mission Chang’e 5, fera cette fois une tentative encore plus difficile sur la face cachée de la Lune.

Actuellement en développement, cette mission devrait pouvoir être lancée en 2024. À l’instar de la mission Chang’e 5, elle se composera d’un orbiteur, d’un atterrisseur d’un véhicule d’ascension lunaire et d’une capsule de rentrée. La mission ciblera le bassin Pôle Sud-Aitken (SPA). Cet ancien cratère d’impact colossal, d’environ 2 500 km de diamètre, couvre près d’un quart de la face cachée de la Lune. En analysant ces échantillons, la Chine espère obtenir des indices essentiels sur l’histoire de notre satellite et du Système solaire.

La face cachée de la Lune ne faisant jamais face à la Terre à cause du verrouillage des marées, Chang’e 6 aura besoin de l’aide d’un satellite relais pour communiquer avec les équipes au sol. Le satellite Queqiao avait assuré ce rôle pour la mission Chang’e 4 et pourrait également assister Chang’e 6.

Les autorités chinoises n’ont pas révélé le site d’atterrissage précis, mais en cas de succès, il s’agira de la seconde incursion de la Chine sur la face cachée de la Lune, après l’atterrissage réussi en 2019 de la mission Chang’e 4 et de son rover Yutu 2. Les deux machines sont d’ailleurs toujours actives, explorant le cratère Von Kármán, situé dans le même bassin.

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Le drapeau chinois sur la Lune. Crédits : CNSA/CLEP

Des instruments français à bord

La mission Chang’e 6 emportera également un certain nombre de charges utiles de partenaires internationaux. La France fournira un instrument de détection nommé DORN (Detection of Outgassing RadoN). Mis au point par l’IRAP de Toulouse, il s’agit d’un spectromètre alpha optimisé pour la détection du radon (un gaz rare radioactif). Son étude pourrait amener les chercheurs à mieux comprendre les transports de gaz dans l’environnement de notre satellite.

L’Institut national italien de physique nucléaire (INFN) fournira également un rétroréflecteur laser. À l’instar de ceux des missions Apollo 11, 14 et 15, cet instrument sera utilisé pour renvoyer la lumière à sa source, permettant ainsi aux scientifiques de mesurer précisément la distance séparant la Lune de notre planète.

Enfin, un instrument développé conjointement par la Chine et la Russie étudiera la présence potentielle de glace d’eau de surface, tandis qu’un instrument suédois se concentrera sur la détection des ions négatifs.