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Les chimpanzés femelles préfèrent éviter les humains

Crédits : Matthew McLennan

Selon une étude, la structure sociale des chimpanzés présente une flexibilité partielle en réponse au risque anthropique. Les femelles seraient en effet moins susceptibles que les mâles de s’approcher des villages et des terres agricoles utilisées par les humains.

Les grandes espèces animales sont plus susceptibles de survivre aux changements environnementaux rapides induits par l’Homme, à condition de développer des niveaux élevés de flexibilité comportementale. L’examen de ces réponses, notamment chez les espèces évoluant en groupes sociaux liés, a permis de déterminer la résilience de ces espèces aux activités humaines.

Dans le cadre d’une étude, une équipe s’est intéressée aux comportements des chimpanzés face aux risques présentés par un paysage modifié par l’Homme à Bulindi, en Ouganda. Cette recherche, effectuée par l’Université d’Exeter et le Bulindi Chimpanzee and Community Project, Ouganda, est la première à examiner comment un paysage dominé par l’Homme affecte la vie sociale des chimpanzés.

Les femelles évitent les humains

Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont observé des chimpanzés dans leur habitat forestier naturel et lorsqu’ils s’approchent des humains pour se nourrir de pommes jacque (fruits du jacquier), un aliment disponible dans les terres cultivées et les jardins villageois .

Au cours de leurs analyses, les chercheurs se sont aperçus que la taille absolue des groupes observés diminuait lorsque les chimpanzés se déplaçaient d’un habitat « naturel » à faible risque (fragments de forêt) vers un habitat « anthropique » à haut risque (terres cultivées et autres zones villageoises), principalement en raison de la quasi-absence de femelles.

« Ces chimpanzés rencontrent quotidiennement des personnes, des chiens domestiques et d’autres animaux d’élevage lorsqu’ils se nourrissent de cultures telles que le jacquier, ce qui conduit souvent à des conflits « , souligne le Dr Matt McLennan, coauteur de l’étude. « Si les mâles ne semblent pas perturbés par cette perspective, les femelles, en particulier celles qui ont une progéniture dépendante, ont néanmoins tendance à éviter tout contact avec les gens. Cela explique pourquoi les sous-groupes étaient plus petits en dehors de la forêt « .

les chimpanzés
Un jeune chimpanzé mâle dans des terres cultivées avec des villageois et un chien. Crédits : Marie Cibot

Cette nouvelle étude met donc en évidence la façon dont les chimpanzés mâles et femelles s’adaptent différemment à l’empiétement humain. Elle souligne en effet une différence de perception du risque entre les sexes, différence qui pourrait avoir des conséquences considérables sur la survie des chimpanzés dans des habitats en évolution rapide.

L’évitement de certaines zones par les femelles qui les placent à la périphérie de leurs réseaux sociaux pourrait en effet perturber la diffusion de l’information et réduire les opportunités d’apprentissage pour les jeunes chimpanzés, notamment en ce qui concerne les comportements qui pourraient les aider à survivre.